JUSTICE

Le calvaire des victimes de Pierre Bodein

Comment sont mortes Jeanne-Marie, Edwige et Julie à l'été 2004 ? Depuis hier, les greffiers de la cour d'assises des...

Comment sont mortes Jeanne-Marie, Edwige et Julie à l'été 2004 ? Depuis hier, les greffiers de la cour d'assises des mineurs du Bas-Rhin, qui juge Pierre Bodein, dit « Pierrot le fou », et seize coaccusés, se relaient pour lire l'arrêt dans lequel sont décrites les dernières heures des victimes.Impassible, Pierre Bodein ne manifeste aucune émotion quand est relaté l'enlèvement, le viol collectif puis la mise à mort de Jeanne-Marie Kegelin. Le 18 juin 2004, cette fillette de 10 ans avait disparu à Rhinau (Bas-Rhin). Son corps avait été retrouvé dévêtu le 29 juin suivant, dans un cours d'eau de Valff. Le cadavre présentait d'importantes mutilations au niveau du bas-ventre et des organes génitaux. Comble de l'horreur, les experts estiment que les blessures pourraient avoir été infligées du vivant de la victime. « Dans les annales judiciaires, on ne se souvient pas de crimes aussi horribles et ignobles », a estimé Jean-Pierre Wallerand de Saint-Just, avocat de la famille Kegelin. Recroquevillés sur leur siège, les huit femmes et les quatre hommes qui comparaissent libres au procès baissent la tête. Il leur est surtout reproché de ne pas avoir dénoncé le crime. Dans le box, aux côtés de « Pierrot le fou », quatre hommes que la justice suspecte d'avoir enlevé, violé et pour l'un d'eux tué la fillette. Leurs avocats se disent persuadés, en croisant leurs déclarations souvent contradictoires, qu'ils n'ont jamais participé à la mort de Jeanne-Marie Kegelin.