Ce qu'ils veulent pour les femmes

PRESIDENTIELLE Les candidats ont décliné leurs propositions sur la condition féminine...

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François Bayrou et José Bové ont un point commun : dans la Bible, ils aiment particulièrement les Béatitudes, tandis que Dominique Voynet préfère le Cantique des Cantiques, rapporte l'hebdomadaire la Vie qui a posé aux douze candidats douze questions sur la religion.
François Bayrou et José Bové ont un point commun : dans la Bible, ils aiment particulièrement les Béatitudes, tandis que Dominique Voynet préfère le Cantique des Cantiques, rapporte l'hebdomadaire la Vie qui a posé aux douze candidats douze questions sur la religion. — AFP/Archives

A l'invitation de l'hebdomadaire féminin «Elle», la plupart des candidats à la présidentielle planchaient jeudi à Sciences-Po Paris sur «ce que veulent les femmes».
 
Ce que veut Nicolas Sarkozy (UMP)
 
Premier invité, Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu'il fallait permettre aux femmes de pouvoir librement choisir entre travailler ou pas, en s'engageant, s'il était élu à l'Elysée, à réunir une «conférence sociale» patronat-syndicats chargée d'établir un diagnostic des branches où existent des écarts de rémunération hommes-femmes. «Je donnerai deux ans pour rétablir la parité entre les hommes et les femmes», faute de quoi, à compter de 2009, les discriminations seraient passibles de sanctions pénales, a-t-il déclaré, rappelant plusieurs de ses propositions: enfants gardés dans les écoles après 16h pour leurs devoirs, «crèches d'entreprise», «défiscalisation quasi complète pour les emplois à domicile».
 
Ce que veut Ségolène Royal (PS)
    
Ségolène Royal a estimé que «le temps des femmes est venu», s'attirant à la fois des applaudissements nourris et de copieux sifflets. Concernant les premières mesures qu'elle prendrait en faveur des femmes, elle a rappelé qu'elle ferait, sitôt élue, adopter par le Parlement une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, notamment conjugales, précisant que «les grandes lignes de ce texte étaient déjà rédigées». Elle mettra aussi en place «un service public de la petite enfance» pour les moins de trois ans avec les collectivités territoriales (crèches municipales, associatives, classes passerelles...) et rendra la scolarité obligatoire dès trois ans.
 
Ce que veut François Bayrou (UDF)
 
François Bayrou s'est opposé à la proposition de sa rivale socialiste sur la petite enfance. «Faire un service public de plus, avec la crise de l'Etat, ça ne me paraît pas la solution idéale. C'est une idée d'un autre temps, irréaliste et fallacieuse, de penser que l'Etat résolve tout à la place» des citoyens, a-t-il déclaré. Parmi les mesures «plus ciblées et plus souples» qu’il souhaiterait prendre, François Bayrou a cité la parité dans le travail, avec des sanctions aux entreprises qui ne la respectent pas et l’assurance que les représentants du peuple soient pour moitié des femmes.
 
Ce que veut Jean-Marie Le Pen (FN)

 
Jean-Marie Le Pen s'est opposé à la distribution de préservatifs dans les lycées, en conseillant à «ceux que ça travaille» de recourir au «manu militari», sous-entendu à la masturbation. Sur l'IVG, qui «n'est pas le sujet principal qui préoccupe les Français», il a esquivé en disant qu'il était «pour la défense de la vie». «Chacun a sa propre responsabilité vis-à-vis de lui-même et d'elle-même et de sa patrie». Interrogé sur le fait de savoir s'il ferait un «gouvernement paritaire» en cas de victoire à la présidentielle, il a lâché: «sûrement pas!».
 
Ce que veut Dominique Voynet (Verts)

 
Dominique Voynet a jugé «indispensable» la mise en place d'un «service public de la petite enfance», qui serait pris en charge par «les conseils généraux». «Les femmes seules contraintes de refuser un emploi le sont souvent parce qu'elles n'ont pas de solution en matière de garde d'enfants. Les familles aisées ont toute une palette de modes de garde, défiscalisés, tandis que les autres sont condamnées au bidouillage». Comme Ségolène Royal, elle s'est déclarée favorable à une loi-cadre contre les violences faites aux femmes. «Mais elle n'aura guère d'impact si on ne met pas en place sur le terrain les moyens de la faire appliquer».
 
Ce que veut Marie-George Buffet (PCF)
 
Marie-George Buffet s’est prononcée pour «la création d'un ministère des droits de la femme, de plein droit, avec un budget». Outre une loi-cadre sur toutes les violences faites aux femmes, elle est favorable à l'instauration de «la proportionnelle à parité» pour les législatives. Elle a demandé également que le vainqueur de la présidentielle, quel qu'il soit, plaide, lors de la présidence française de l'UE au deuxième semestre 2008, pour que «les femmes aient droit à la maîtrise de leur corps» partout en Europe, notamment en généralisant le droit à l'avortement.
 
Ce que veut José Bové (anti-libéral)
 
José Bové s'est prononcé pour «un allongement» du délai légal de l'IVG, actuellement de 12 semaines de grossesse. Il n’a toutefois pas précisé la durée de l’extension préconisée. De façon plus globale, il a souhaité que «toutes les lois qui sont votées» prévoient une égalité entre les hommes et les femmes.
 
Ce que veut Olivier Besancenot (LCR)

 
Olivier Besancenot s'est dit favorable à la «gratuité des préservatifs, masculin et féminin». «Dans la pratique, l'IVG devient une vraie galère pour de nombreuses femmes», a-t-il aussi estimé, en se taillant un franc succès parmi les étudiants de Sciences-Po. Il a également plaidé, comme Ségolène Royal, pour une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, sur le modèle de celle votée en Espagne. Il a en outre réclamé que soit garantie l'égalité de salaires entre hommes et femmes, avec «pénalités pour les entreprises» à la clef.