Gare de l’Est: le conducteur accuse le matériel

Sa. C. avec P.B. et AFP

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Un accident de train, jeudi en début de matinée gare de l'Est à Paris, a fait 71 blessés dont 58 ont été évacués vers une dizaine d'hôpitaux, le convoi ayant heurté brutalement un butoir de bout de ligne.
Un accident de train, jeudi en début de matinée gare de l'Est à Paris, a fait 71 blessés dont 58 ont été évacués vers une dizaine d'hôpitaux, le convoi ayant heurté brutalement un butoir de bout de ligne. — Jacques Demarthon AFP

L’enquête se dirige vers la défaillance technique. Le conducteur du train qui a heurté jeudi matin un butoir de la gare de l'Est, à Paris, n'est «a priori pas en cause», selon une source proche de l’enquête. Il aurait déclaré aux policiers avoir freiné à temps, selon l’AFP, et mis en cause le matériel et la motrice. Celle-ci doit faire l'objet d'examens approfondis.

Son audition s'est terminée jeudi après-midi. Il est ensuite rentré chez lui libre, sans que ne soit posée la question d'une éventuelle mise en examen, selon la SNCF. Selon les premiers éléments de l'enquête, la police judiciaire tient pour «plausible» la version du conducteur, mais n'écarte aucune autre hypothèse.

Deux enquêtes ouvertes

Deux enquêtes, l'une judiciaire, l'autre technique, ont été ouvertes pour déterminer les raisons de l'accident. L'enquête judiciaire a été confiée à la 2e division de police judiciaire et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la PJ parisienne qui ont entendu le conducteur en fin de matinée.

Dominique Perben, le ministre des Transports, a demandé de son côté au Bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) «d'engager une enquête technique». Deux experts se sont rendus sur place jeudi matin «pour procéder aux premières constatations».

De son côté, la SNCF a fait savoir par la bouche de Thierry Mignauw, directeur du transilien, réseau SNCF Ile-de-France, que «le conducteur du train n'avait pas signalé de problème technique avant» et que selon les premières constatations, le train avait heurté le bout de la voie 21 entre 5 et 7 km/h.

Train acheminé au dépôt

Lors d'un point de presse sur place, jeudi matin, le responsable de la SNCF a expliqué que le freinage d'un train fonctionne grâce à un système de contrôle de la décélération au dessus de 10 km/h tandis qu'entre 0 et 10 km/h, le freinage est manuel et que «la précision de l'arrêt dépend du conducteur».

La police scientifique et technique s'est rendue sur place, jeudi matin, pour examiner le bout de la voie heurtée, où une poutre en bois s’est brisée en plusieurs morceaux sous la puissance de l’impact. Vers 13h25, le train a quitté la gare de l’Est pour être acheminé au dépôt de Noisy-le-Sec (93). Il doit y être examiné pour déceler une éventuelle panne technique