La grève des poubelles continue en Ile-de-France

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"On ne me réduira pas à ça, je refuse d'appeler la police! Pour vous!". Le proviseur préfère scier lui-même la grosse chaîne que les grévistes ont posée jeudi sur la porte du lycée technique Jules-Siegfried dans le Xe à Paris, après l'appel du ministère de l'Education à rouvrir tous les lycées.
"On ne me réduira pas à ça, je refuse d'appeler la police! Pour vous!". Le proviseur préfère scier lui-même la grosse chaîne que les grévistes ont posée jeudi sur la porte du lycée technique Jules-Siegfried dans le Xe à Paris, après l'appel du ministère de l'Education à rouvrir tous les lycées. — Jack Guez AFP

Les éboueurs de la Sita Ile-de-France (groupe Suez), en grève depuis lundi pour des augmentations de salaires, ont décidé de poursuivre le mouvement mercredi, après l'échec de nouvelles négociations avec la direction, selon des sources syndicales.

Le directeur général délégué de Sita IDF, Jean-Marc Van de Kerkhove, a confirmé la rupture des négociations au bout de sept heures de discussions, à son «grand désespoir». Selon les syndicats, le mouvement est suivi par 90% du personnel, et concerne plus de 180 communes franciliennes sur 200, et trois arrondissements de Paris (10e, 18e et 19e). La direction parlait mardi de 80% du personnel ouvrier dans l'action.

12 millions de bénéfices

Les syndicats réclament des augmentations de salaires de 3% rétroactivement au 1er janvier, et 1% en juillet. «Désormais, la direction propose 2% en janvier, et 1% en juillet», a précisé Mario David, responsable FO, alors qu'auparavant elle proposait une augmentation de 2% au 1er janvier et une prime de 250 euros brut. «Quand une société engrange 12 millions de bénéfices, ce qui est le cas cette année, elle peut bien verser 3,5% d'augmentation sur l'année, ce qui représente 1,8 millions d'euros», a-t-il ajouté.

Le bénéfice actuel de la société est «plutôt à la moitié du niveau évoqué là», et «sert à combler le déficit des années précédentes», a répondu Jean-Marc Van de Kerkhove. La Sita emploie environ 2.000 personnes, dont 1.700 ouvriers (chauffeurs, éboueurs, trieurs de déchets, etc).