La situation est rentrée dans l'ordre en gare de l'Est

Sa. C.

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Plus de peur que de mal. Soixante-et-onze personnes ont été blessées jeudi, à Paris, dans un accident de train en gare de l'Est (10e). Parmi elles, 58 ont été évacuées vers une dizaine d'hôpitaux, selon le médecin chef adjoint de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris Henri Lehot.

Le bilan aurait pu être bien plus lourd. Le train, en provenance de Château-Thierry (Aisne), a percuté les butoirs qui se trouvent en bout de ligne, à une vitesse inférieure à 10 km/h, à 8h28. Il transportait alors près de 600 passagers, selon le capitaine Michel Cros. Les pompiers, appelés sur place dès 8h30, ont déclenché un plan rouge, de manière préventive, qui a mobilisé 130 pompiers et 26 engins issus de 16 casernes parisiennes.
Le périmètre de sécurité a été levé vers 14h sur la voie 21, où le train a heurté le butoir, ainsi que sur les voies voisines 22, 23 et 24.

Blessures légères

Un problème de freinage, dont l’enquête doit déterminer s’il est lié à une erreur humaine ou technique, est à l’origine de l’accident. «Le train roulait à une vitesse située entre 5 et 7 km/h au moment de l'impact, a expliqué Thierry Mignauw, responsable du réseau francilien. Il y a donc eu un choc, provoquant quelques bleus, ecchymoses et entorses chez les voyageurs à l’intérieur des wagons.» Le cas le plus grave à déplorer sur les 71 personnes blessées serait un nez cassé. L’évacuation des passagers s'est achevée à 11h.
«Les 58 évacués, qui n'ont pas eu besoin de transport médicalisé, ont été répartis sur 9 établissements. Ce sont des blessés légers qui ne nécessitent pas d'hospitalisation et qui sont, soit déjà ressortis, soit devraient l'être d'ici ce soir», a indiqué l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a assuré les victimes de sa «solidarité». La Fédération générale autonome des agents de conduite a elle aussi apporté «son plus vif soutien aux personnes blessées dans cet accident», soulignant qu'une cellule psychologique avait été mise en place. «Cet accident malheureux, qui reste exceptionnel, prouve que la vigilance sécuritaire doit rester une priorité,» a souligné la fédération. Jean-François Copé (UMP), maire de Meaux, a regretté jeudi soir dans un communiqué «le contexte de dégradation des liaisons ferroviaires» entre Paris et le nord de la Seine-et-Marne, dans lequel s'inscrit selon lui l'accident survenu en matinée gare de l'Est à Paris.
«Ainsi, à titre d'exemple, la semaine dernière la circulation des trains a été longuement interrompue trois soirées de suite (mardi, mercredi et jeudi) entre Paris et Meaux», écrit le porte-parole du gouvernement.
Il regrette également qu'à «chaque trajet, un millier de voyageurs environ s'entassent dans des rames vétustes».

Drame en gare de Lyon
Le 27 juin 1988, un train sans freins venant de Melun entre en collision avec un autre bondé de monde, en instance de départ vers la banlieue à 19 h 10, dans la partie souterraine de la gare de Lyon, à Paris. Cinquante-six personnes trouvent la mort, et cinquante-sept sont blessées