La fuite en avant d'un fils d'ouvrier

PORTRAIT Lionel Dumont est tombé dans le banditisme à son retour de la guerre de Bosnie...

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Lionel Dumont, ancien du gang du Roubaix qui était rejugé à Paris pour une série de braquages et un attentat raté en 1996 dans la métropole lilloise, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi à 25 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté des deux tiers.
Lionel Dumont, ancien du gang du Roubaix qui était rejugé à Paris pour une série de braquages et un attentat raté en 1996 dans la métropole lilloise, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi à 25 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté des deux tiers. — Philippe Huguen AFP/Archives

Une fuite en avant. Né il y a trente-six ans dans une famille ouvrière de Tourcoing (Nord), Lionel Dumont s’est converti à l’islam à 20 ans avant de partir combattre aux côtés des moudjahidines en 1994-95 pendant la guerre de Bosnie. «J’étais désemparé par la maladie de mon père (...) Pour moi, c’était une occasion de m’enfuir», avait-il affirmé au deuxième jour de son procès en première instance, en mars 2006. Le jeune homme, qui venait de terminer son service militaire, abandonne un contrat de travail pour suivre Christophe Caze, un ami connu à la mosquée de Lille-sud, qui allait devenir le chef du groupe de Roubaix. Au cours de la guerre, celui-ci se radicalise, jouant au foot avec la tête de prisonniers serbes, selon des témoignages. «Comment pouvez-vous continuer à suivre un individu pareil?», avait alors demandé la cour à Lionel Dumont.

Ce dernier bascule dans le banditisme à son retour. Il commet deux braquages, en février-mars 1996 près de Roubaix, ainsi d'une tentative d'attentat à la voiture piégée devant le commissariat central de Lille, le 28 mars 1996, à quelques jours d'une réunion du G7. Son compagnon d’armes Christophe Caze est tué le 29 mars 1996 peu après l'assaut du Raid fatal à quatre autres membres du gang, dans une maison de Roubaix.

Lionel Dumont a en revanche été acquitté des tentatives de meurtre sur trois policiers (faits requalifiés en complicité) et sur un convoyeur de fonds dont il devait également répondre en appel.