«Royal aurait le plus à y gagner»

INTERVIEW Denis Muzet, directeur de Médiascopie

Recueilli par S. Colineau

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Denis Muzet, directeur de Médiascopie.

Qui aurait le plus à gagner dans un débat à quatre ?

Ségolène Royal. C'est la seule femme, elle incarne la rupture physiquement. Autre avantage, elle est la seule candidate de gauche, face à trois hommes qui auraient les sympathisants de droite à convaincre. Jean-Marie Le Pen aussi aurait à y gagner, en dénonçant « la bande des trois », l'UMP le PS et l'UDF.

Au PS, certains prétendent qu’elle ne ferait pas le poids face à Nicolas Sarkozy ?

Son procès en incompétence pouvait se comprendre il y a deux mois, mais il est devenu largement injustifié. Elle a démontré dans des émissions comme « A vous de juger », « Le grand jury » ou « Le grand rendez-vous » qu'elle avait une argumentation solide et une mécanique de discours blindée.

Symétriquement, Nicolas Sarkozy serait donc celui qui a le plus à perdre ?

Oui. Il n'a aucun intérêt à débattre hors d'une opposition frontale face à Ségolène Royal. Ce qui l'intéresse, c'est la bipolarisation Ségo-Sarko. Parce qu'il a tout simplement intérêt à apparaître comme le seul représentant de la droite face à la gauche.

Nicolas Sarkozy a-t-il à perdre en passant pour celui qui refuse le débat ?

Non. Les gens se sont fait à l'idée qu'il n'y aurait pas de débat, il n'y a donc pas de forte attente par rapport à cela. Après, le fait de savoir qui veut débattre et qui ne veut pas, n'a quasiment aucune conséquence. Ce genre d'information ressort de l'oreille de 99 % de la population aussi vite qu'elle y est entrée.