«Sarkozy a repris les thèmes que je défends»

INTERVIEW Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense

Recueilli par David Carzon

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Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense.

On nous avait promis une campagne projet contre projet. Promesse tenue ?

C'est une campagne inédite. Les gens sont intéressés et mobilisés. Au fur à mesure se dessinent les approches différentes des candidats. Nicolas Sarkozy a un projet logique et cohérent, c'est beaucoup plus difficile à voir chez Ségolène Royal et François Bayrou.

Sur certains thèmes, on a l’impression que Nicolas Sarkozy n’a pas tenu compte de votre sensibilité du gaullisme du renouveau…

Ce n'est pas exact. Sur les institutions, il a choisi de maintenir les grands équilibres de la Ve République ; sur la défense, il a récemment pris des positions fortes ; il a désormais affirmé fermement l'indépendance de la France ; il a, comme je le souhaitais, tendu la main aux jeunes. Ce sont des thèmes que j'incarne et que je défends.

François Bayrou est-il une menace ?

Le candidat centriste a surfé sur une vague de protestations. En ne faisant que critiques et attaques, il a recueilli des adhésions. Aujourd'hui, il se pose en troisième homme, mais il n'a ni projet qui concrétiserait une troisième voie, ni vision d'avenir pour la France. Les Français le ressentent.

Nicolas Sarkozy provoque un fort clivage entre les électeurs. Ne risque-t-il pas de mettre la France dans la rue s’il est élu ?

Il a changé et devient plus rassembleur. Pour gouverner demain, la méthode, pour moi, c'est d'être convaincu sur les objectifs, ouvert dans l'élaboration des solutions, de prendre en compte leurs impacts autant que les progrès qu'elles génèrent, de savoir être à l'écoute et dialoguer. Et, quand la décision sera prise, s'y tenir.

A quoi ressemblerait la France si Ségolène Royal devenait présidente ?

Il y aurait une forte dégradation de l'image de la France à l'étranger, où les errements d'hier et l'absence de programme de la candidate socialiste provoquent beaucoup d'interrogations. N'oublions pas qu'une image positive nous permet d'être écoutés, d'agir sur le plan politique et économique. Tout est lié. Sur le plan intérieur, elle enfermerait la France dans une bulle, en adoptant des mesures que même les gouvernements socialistes européens se refusent à envisager.

Avez-vous les mêmes réticences que Simone Veil sur le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale ?

Ce qui compte, ce n'est pas l'intitulé d'un ministère mais ce qu'on veut y faire. Pour moi, l'identité nationale est une problématique importante car notre identité, ce sont aussi des valeurs comme la liberté, les droits des femmes, la justice, symbolisées par la France, et dont le monde a besoin.

défense Selonle Manifeste 20 Minutes-RMC, l'intégration de la défense française dans une armée européenne est une priorité. Pour Michèle Alliot-Marie, beaucoup a déjà été fait : « En 2002,la défense européenne était un projet. Aujourd'hui, c'est une réalité qui se traduitpar des interventionsde forces composées par plusieurs pays. Nous avons créé une force d'intervention rapide et une forcede gendarmerie européennes, une agence de défense... Les grands programmes d'armementsont faits dansun cadre européen. »