Une marche pour dénoncer la pression au travail

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Ils ont voulu dire «stop à la souffrance au travail». Ce mercredi, une centaine de proches, de collègues ou encore d’anonymes ont rendu hommage à Isabelle Béal, 41 ans, lors d’une marche organisée à l’appel de la CGT entre la station de métro Parilly et le restaurant Sodexho Renault Trucks à Saint-Priest. Salariée de la société, cette mère de deux enfants s’est suicidée en laissant une lettre posthume retrouvée près de son corps repêché le 8 mars dans l’Ain. «Je ne suis plus assez forte. Trop de pression, travail», écrivait-elle.

«Nous étions un couple heureux»

Isabelle jonglait entre la gestion d’une petite équipe de salariés qui devait préparer entre 1.500 et 1.700 repas par jour et sa direction. Surmenée, elle se sentait diminuée et avait l’impression que les objectifs de son poste étaient inatteignables. «C’est le travail qui l’a poussée au suicide. Nous étions un couple heureux, on s’en sortait plutôt bien», a indiqué son compagnon Franck Galliano, à l’initiative du rassemblement. «Cette marche, c’est avant tout pour dire stop à la souffrance au travail, banalisée et cautionnée par les entreprises», a-t-il poursuivi en ajoutant qu’il en voulait à la hiérarchie de Sodexho.

«Isabelle ne doit pas être morte pour rien»


Dans le cortège, un cadre de la société était venu témoigner son soutien à la famille. «C’est le monde moderne du travail qui est en cause. Aujourd’hui, c’est toujours la course au profit sans tenir compte de l’humain», a regretté Gérard Bodard, qui connaissait Isabelle depuis neuf ans. Non loin, une salariée de Sodexho souhaitait manifester sa révolte. «Isabelle ne doit pas être morte pour rien. J’espère que la direction va prendre conscience de ce qu’elle nous inflige.»

Carole Bianchi   


Poursuites Les proches d’Isabelle Béal ont indiqué qu’ils envisageaient une éventuelle poursuite de Sodexho devant la justice pour déterminer la responsabilité de la société dans ce suicide.