Elles auraient drogué leurs chefs pour prendre leur place

C. F.

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Trois infirmières et une aide-soignante ont été présentées au parquet d'Avignon, ce mercredi, pour avoir notamment versé des tranquillisants dans les boissons de leurs supérieures hiérarchiques. Elles espéraient ainsi les pousser à la faute afin de prendre leur place. Les trois infirmières font également l'objet de poursuites pour «harcèlement moral, dégradation de bien d'autrui et appels téléphoniques malveillants», a expliqué le procureur de la République d'Avignon Raymond Morey.

Les fais remontent à 2002. Selon «Vaucluse Matin», un noyau dur de trois infirmières et une aide-soignante sème la terreur dans le service chirurgie de l'hôpital Duffaut. Les deux surveillantes en chef sont leurs têtes de turc. Leurs ordres ne sont pas respectés, ni ceux des chirurgiens. Une infirmière, soupçonnée d’avoir orchestré ce harcèlement moral, est particulièrement récalcitrante.

Interdiction d'exercer leur métier

L’une des chefs finit par demander sa mutation en 2004. La seconde, plus pugnace, écrit à l'Agence régionale d'hospitalisation fin 2006. Qui transmet le dossier au procureur de la République d’Avignon. Une enquête est ouverte en janvier dernier. Entre temps, la surveillante en chef mène ses investigations personnelles et découvre qu'elle a pu être droguée. Elle et sa collègue portent plainte.

Les quatre professionnelles de santé mises en cause nient les faits. Les trois infirmières ont été présentées mercredi à un juge des libertés et de la détention et remises en liberté, mais placées sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer leur métier jusqu'à leur comparution devant le tribunal. L’aide-soignante, elle, fait l'objet d'un contrôle judiciaire plus allégé, qui ne lui interdit pas de pratiquer sa profession. Elles seront toutes jugées le 30 avril prochain devant le tribunal correctionnel d'Avignon. Elles encourent des peines de sept ans de prison.