Levée de bouclier contre la «TVA sociale» de Sarkozy

avec AFP

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Nicolas Sarkozy s'est posé lundi en défenseur de la "France exaspérée" et de l'identité nationale en présentant un projet présidentiel "volontariste", décrit dans un nouveau livre à la couverture tricolore, "Ensemble".
Nicolas Sarkozy s'est posé lundi en défenseur de la "France exaspérée" et de l'identité nationale en présentant un projet présidentiel "volontariste", décrit dans un nouveau livre à la couverture tricolore, "Ensemble". — Dominique Faget AFP

«Mauvaise et dangereuse», «injuste»… L’idée émise par Nicolas Sarkozy d’expérimenter une forme de TVA sociale est loin de faire l’unanimité chez les candidats à la présidentielle. Le candidat UMP développe ce concept dans son nouveau livre «Ensemble», rendu public lundi. Le principe ? «Transférer une partie des cotisations sociales vers la TVA». L’objectif est de réduire les charges pour l’employeur en les reportant sur le montant de la TVA, qui touche tout produit commercialisé. Les prix des produits importés sont censés augmenter, et ceux des produits locaux baisser, le coût de production étant moindre. Les salaires, eux, restent inchangés.

«Un grand rendez-vous social»

Estimant qu'une telle mesure, déjà à l'oeuvre au Danemark et en Allemagne, permettrait «d'atténuer la surévaluation euro», Nicolas Sarkozy juge «peu probable» qu'elle pousse les prix à la hausse et «qu'en moyenne les prix des produits fabriqués en France devraient rester stables compte tenu de la pression de la concurrence». Il propose toutefois «qu'avec l'accord des partenaires sociaux toute avancée dans le sens de la TVA sociale s'accompagne d'un grand rendez-vous social à la fin de chacune des deux années suivantes».

Ségolène Royal a jugé mardi «mauvaise et dangereuse» cette proposition, qui conduirait «à un alourdissement de l'impôt sur la consommation» et à une «diminution des salaires». «Je propose au contraire une revalorisation des bas salaires pour relancer la croissance», a déclaré la candidate socialiste.

Olivier Besancenot a lui aussi dénoncé la mesure, mardi, estimant que la TVA restait «l'impôt le plus injuste». «Un milliardaire et un chômeur se trouvent sur un pied d'égalité» en payant la même TVA sur l'alimentation, a expliqué le candidat de la LCR à la présidentielle. Lui propose au contraire d'«abolir la TVA sur les produits de première nécessité, sur l'alimentation». Et rappelle que ce sont «d'abord les exonérations de cotisations sociales qui créent des trous dans la Sécurité sociale».

«Un impôt supplémentaire»

Philippe de Villiers , enfin, considère la TVA sociale comme «un impôt supplémentaire» payé par le consommateur. Or, selon lui, «toute forme d'impôt supplémentaire est symboliquement une erreur». Le candidat du Mouvement pour la France a une autre idée : «Trouver comme assiette des cotisations sociales de toutes les PME la différence entre le chiffre d'affaires et la masse salariale, de telle manière que celui qui embauche sera favorisé et que l'importateur sera défavorisé».

Débat : et vous, que pensez-vous de la TVA sociale ?