Sarkozy saute dans le train

SONDAGE Direction Elysée, arrêt Gare du Nord. Les mouvements d'intentions de vote observés dans le baromètre hebdomadaire...

S. Colineau

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Direction Elysée, arrêt Gare du Nord. Les mouvements d'intentions de vote observés dans le baromètre hebdomadaire 20 Minutes-RMC-BFMTV-LH2 portent l'empreinte du fait divers survenu mardi dernier à Paris. Les candidats dont la figure est associée à une dénonciation vigoureuse de l'insécurité marquent des points : les gagnants de la semaine se nomment donc Nicolas Sarkozy (+ 2 %, à 29 % au premier tour) et Jean-Marie Le Pen (+ 1 %, à 13 %).Pour le premier, les heurts de la Gare du Nord signent la fin d'une baisse entamée mi-février. La preuve est faite que l'ancien ministre de l'Intérieur a su façonner l'image d'un premier flic de France percutant. Un petit tour de force, quand on sait que 45 % des Français considèrent que la situation en matière de sécurité s'est « plutôt dégradée » au cours des cinq dernières années, selon un autre sondage publié avant-hier par le Journal du dimanche. Nicolas Sarkozy reste toutefois « le plus crédible sur les questions de sécurité. Il est perçu comme l'homme politique le plus efficace sur ces questions », constate François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2. L'expert avance deux sortes d'explications : « D'abord, l'idée que s'il n'était pas là ce serait peut-être pire. Ensuite, les Français ont apprécié sa forte implication. »Alors que Jean-Marie Le Pen, « qui n'a même pas à parler pour être associé à l'insécurité », selon Miquet-Marty, est l'autre bénéficiaire de ce Baromètre, le perdant est sans conteste François Bayrou (- 2 %, à 18 %). « C'est Nicolas Sarkozy qui prend ces deux points au candidat de l'UDF, explique le sondeur. La thématique droitière de l'insécurité a ramené vers l'UMP des sympathisants de droite séduits par François Bayrou. »L'arrêt à la Gare du Nord ne marque en revanche qu'un léger recul pour Ségolène Royal (- 1 % à 26 %, stable à 49 % au second tour). Au point de se demander si la candidate socialiste n'a pas finalement tiré un bénéfice de cet événement : « Au fil du temps, son électorat reste étonnamment stable à un niveau élevé. Si bien que cette semaine aura surtout été pour elle le moyen de réinstaller un face-à-face avec Nicolas Sarkozy et d'écarter François Bayrou, qui souffre de ses positions peu identifiables sur l'insécurité.

LCR Autre vainqueur du baromètre, Olivier Besancenot. Le candidat de la LCR esten hausse de 2 %, à 5 %. « Il attire à luides électeurs de gauche en désaccord avecle discours sur l'identité nationale de Ségolène Royal, analyse François Miquet-Marty.Mais cette poussée de la gauche radicaleoffre à la candidate PS un meilleur potentielde report de voix pour le second tour. »