Philippe de Villiers : «Une loi-cadre sur les repères moraux»

PROGRAMME Le candidat du MPF veut instaurer un revenu parental d’éducation et rétablir l’autorité à l’école

Propos recueillis par Arnaud Sagnard

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Philippe de Villiers, candidat du Mouvement pour la France.

Si vous étiez élu président le 6 mai prochain, quelles seraient vos premières mesures ?

Mes cent premiers jours seront consacrés à établir un plan de lutte contre les délocalisations, avec la mise en place d'une protection douanière européenne. Ensuite, je mettrai en place un plan de libération du pouvoir d'achat et du travail avec la suppression pure et simple des 35 heures obligatoires, et une baisse de moitié de la charge fiscale des PME. Enfin, il faut créer une loi-cadre sur le renouveau des repères civiques et moraux incluant le revenu parental d'éducation, la fin de l'impôt sur les successions et le rétablissement de l'autorité à l'école.

Rien sur l’immigration, qui prend beaucoup de place dans votre programme ?

J'ai l'intention de mettre en place un référendum sur l'immigration, afin de la stopper et de mettre un frein au communautarisme islamique qui s'installe en France. Il s'agit de mettre fin au regroupement familial, d'interdire la polygamie, les mariages forcés et de créer une charte républicaine pour la construction des mosquées.

Comment comptez-vous financer tout cela ?

Je veux enrayer la spirale infernale des trois D : dette, déficit, dépenses. Supprimer les 35 heures permettra d'économiser 20 milliards d'euros, l'immigration zéro, 30 milliards, l'alignement des régimes spéciaux sur le régime général, 20 milliards.

Vous êtes crédité de 1 à 3 % des intentions de vote. Comment l’expliquez-vous ?

Je ne m'intéresse pas aux sondages, car je sais d'expérience que leur mécanique n'a rien à voir avec le suffrage. Je serai une des grandes surprises de l'élection présidentielle. Sur le terrain, il y a une poussée authentique qui n'est pas médiatique mais populaire.

Immigration, patriotisme : votre discours se confond avec celui du FN et tend à devenir illisible…

Il est tellement lisible que tout le monde vient s'y alimenter. Royal apprend à chanter la Marseillaise, Sarkozy parle d'identité nationale. Les victoires idéologiques préparent les victoires politiques.

Comment convaincre avec un programme de droite, alors que les électeurs ont eu un président de droite pendant douze ans ?

Je suis candidat d'une droite de conviction, d'une droite enracinée. Ceux qui nous ont gouvernés depuis douze ans ont fait des campagnes de droite et ensuite des politiques de gauche. Aujourd'hui, Sarkozy tourne sur lui-même comme une toupie, il donne le tournis, un coup à droite, un coup à gauche. C'est du marketing.