Gare du Nord: la police divisée

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Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris, a également dénoncé le "climat sarkozien fait de tensions, d'exactions, de violence verbale et de stigmatisations".
Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris, a également dénoncé le "climat sarkozien fait de tensions, d'exactions, de violence verbale et de stigmatisations". — Jacques Demarthon AFP

Les événements de la gare du Nord n’ont peut-être pas surpris les forces de l’ordre, mais ils révèlent des lignes de fracture profonde entre les syndicats. «A l’approche des élections, le climat est fébrile sur le terrain», explique à 20minutes.fr Marc Gautron, secrétaire national de l'Unsa-Police (1er syndicat de gardiens de la paix). Même si le nombre d'incidents n'a pas sensiblement augmenté, «la Sécurité départementale avait anticipé ce qui s'est produit, mardi soir, ou avait été confronté aux mêmes types d'incidents.»

Les forces de l’ordre étaient peut-être préparées, mais les incidents de mardi soir marquent une rupture entre la jeunesse et les forces de l’ordre. Nicolas Comte (SGP-FO, 3e syndicat de gardiens de la paix) a dit redouter «un véritable risque d'hystérisation des rapports police-jeunesse», et Joachim Masanet (Unsa police), tout en jugeant «régulière» l'intervention des forces de l'ordre gare du Nord, a jugé impératif une «reprise du dialogue» pour «combler le fossé qui s'est creusé entre la police et les jeunes».

«Défiance» des idéologues

Cette analyse n’est pas du tout du goût de Synergie (second syndicat d'officiers), qui «s'insurge»  contre cette «thèse d'une prétendue fracture entre les jeunes et la police». Même sentiment pour le Snop (officiers, majoritaire) et Alliance (2e chez les gardiens de la paix), qui voit une «défiance», non de la population mais des «voyous» et de certains «idéologues» à l'égard de la police.