Une vraie hausse des inscrits sur les listes

ELECTIONS Il y a du vote dans l'air. Les Français ont été particulièrement nombreux à s'inscrire sur les listes électorales avant...

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Il y a du vote dans l'air. Les Français ont été particulièrement nombreux à s'inscrire sur les listes électorales avant la présidentielle et les législatives de 2007, selon des chiffres dévoilés hier par le ministère de l'Intérieur. La hausse s'élève à 4,2 % en un an.Cette progression est la plus forte pour une année préélectorale depuis le 3,7 % de 1981. La progression s'était tassée au cours des deux décennies suivantes (+ 1,9 % en 1988, + 2,1 % en 1995 et + 2,3 % en 2002). Au 1er mars, 43 973 024 personnes étaient inscrites sur les listes des mairies, soit environ 1,8 million d'électeurs en plus par rapport au 1er mars 2006. La région parisienne a été particulièrement « civique », Paris effectuant la plus forte hausse en métropole (+ 9,61 %), devant la Seine-Saint-Denis (+ 8,51 %), département pourtant jusqu'ici le plus abstentionniste, et les Hauts-de-Seine (+ 7,9 %). Les taux de nouveaux inscrits sont particulièrement élevés outre-mer, l'île de Mayotte détenant le record avec 11,2 % d'augmentation. Il est également élevé dans le Sud : + 7,1 % dans

le Rhône, + 6,5 % dans les départements des Alpes-Maritimes, + 5,9 % dans les Bouches-

du-Rhône.Le ministère de l'Intérieur a pourtant tenté de tempérer ces chiffres en qualifiant cette hausse générale d' « habituelle » les années précédant un scrutin important. Il l'explique par l'« attractivité » des scrutins à venir mais aussi l'« accession à la majorité de classes d'âge plus nombreuses » et « les mesures d'incitation à l'inscription ». L'année dernière, associations, mairies, collectivités, partis et certains artistes ont multiplié les initiatives pour inciter les jeunes, notamment ceux des quartiers populaires et des cités, à s'inscrire. Créée à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ville d'où étaient parties les émeutes de l'automne 2005, l'association AClefeu a notamment été à la pointe de ce combat. Il reste encore à déterminer si ces nouveaux inscrits vont influer fortement sur le résultat au premier et second tour. Pour le politologue Dominique Reynié, il y a dans ces chiffres « un signe de surinscription par politisation ». Il distingue trois éléments importants : « un effet à retardement du 21 avril 2002 à même de motiver nombre de personnes qui avaient décroché »<2009>; le 29 mai 2005 qui a pu montrer à beaucoup d'électeurs l'efficacité du bulletin de vote<2009>; et les émeutes de banlieue. La multiplication des inscriptions dans la capitale peut s'expliquer par la campagne interne du Parti socialiste tandis qu'en banlieue, elle pourrait être alimentée par un réflexe d'opposition au candidat Sarkozy après les émeutes de 2005. La croissance est également élevée parmi les Français de l'étranger (+ 17,7%), 820 000 Français installés à l'étranger sont inscrits (+ 160 000).

primo-votant Un sondage Ifop-Paris Match a interrogé le 19 mars les personnes qui vont voterpour la première foisà l'occasion de la présidentielle. Au total, 30 % des primo-votants affirment qu'il y a le plus de chances qu'ils votent pour le candidat Sarkozy, 27 % pour Ségolène Royal, 25 % pour François Bayrou, 8 % pour Jean-Marie Le Pen et 5 % pour Oliver Besancenot.C'est vis-à-visde l'extrême droiteque ces électeursse distinguent le plusdu comportement des électeurs traditionnels qui la créditent de 14 % de leurs intentions de vote. François Bayrou profiterait du report de leurs voix (+ 4%).