Course-poursuite pour les petits candidats

PRESIDENTIELLE Les parrainages doivent être déposés avant 18 heures, vendredi au Conseil constitutionnel…

Pierre Koetschet

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José Bové, candidat à la présidentielle, s'en est pris vivement aux socialistes mardi, en prévenant que s'il ne pouvait se présenter au premier tour, faute d'obtenir les 500 parrainages, le PS le "paierait très cher".
José Bové, candidat à la présidentielle, s'en est pris vivement aux socialistes mardi, en prévenant que s'il ne pouvait se présenter au premier tour, faute d'obtenir les 500 parrainages, le PS le "paierait très cher". — Philippe Huguen AFP

«Si je pensais que c’était cuit, je serais déjà dans un avion direction les vacances!» Clément Aumenier est peut-être fatigué, mais il a encore de l’humour. Comme son candidat José Bové, le responsable des parrainages se dit «optimiste». Pourtant, de son propre aveu, l’altermondialiste ne totalise que 492 parrainages. Il en manque donc 8, et seulement 24 heures pour les obtenir et les déposer au Conseil constitutionnel. Clément Aumenier veut y croire: « C’est jouable! On a des parrainages qui remontent de partout en France.» Attention aux excès de vitesse sur l’autoroute, un suspens digne de films hollywoodiens.

«C’est plié»

Au QG de Rachid Nekkaz, l’ambiance est plutôt au mélo. «C’est plié», soupire Jean-Bruno Roumegoux, porte-parole du candidat du Club des élus «Allez France». «On avait plus de 500 promesses de parrainages, maintenant, on a plus que 456 parrainages effectifs.» Depuis deux jours, l’équipe harcèle au téléphone les 70 maires, qui avaient promis leur signature avant de tourner leur veste. «Beaucoup de noms de parrains sont sortis dans la presse locale, cela a eu un effet catastrophique.»

«Dans le flou»

Dans l’équipe de l’ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan, on n’a pas encore jeté l’éponge. «On est dans le flou le plus complet. Depuis deux jours, on ne sait plus, puisque de nombreux maires nous ont dit qu’ils envoyaient les parrainages directement au Conseil constitutionnel », explique une proche du candidat, qui reconnaît que «cela va être très dur.»

Jusqu'à la dernière minute ou presque, Olivier Besancenot a ménagé le suspense. Finalemenbt, il ira, il a annoncé à 20 heures qu'il diposait de 530 parrainages. De quoi atténuer une mauvaise nouvelle tombée dans l’après-midi: le parrainage donné par Jean-Jacques Aillagon après tirage au sort ne sera pas accepté par le Conseil constitutionnel, qui «a jugé qu'une telle conduite était incompatible avec la dignité qui sied aux opérations concourant à toute élection. Il a donc décidé de ne pas tenir pour valides les présentations en cause.» Si même le Conseil constitutionnel est contre les petits candidats…