«Royal veut une fiscalité plus juste, plus efficace, plus transparente»

Propos recueillis par Pierre Koetschet

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Pour le PS, Didier Migaud et Augustin Bonrepaux ont dénoncé une "forte dégradation des finances publiques, l'atonie de la croissance et la détérioration de tous les indicateurs économiques et sociaux depuis quatre ans".
Pour le PS, Didier Migaud et Augustin Bonrepaux ont dénoncé une "forte dégradation des finances publiques, l'atonie de la croissance et la détérioration de tous les indicateurs économiques et sociaux depuis quatre ans". — Mehdi Fedouach AFP/Archives

Ségolène Royal a expliqué dans «Les Echos» les grandes lignes de son programme fiscal: réforme des barèmes de l’impôt sur le revenu, maintien de l’ISF, pas d’impôts sur les Français de l’étranger… Pour Didier Migaud, conseiller budgétaire de la candidate, les bisbilles au sein du PS sur la fiscalité sont bien terminées.

En annonçant qu’elle ne toucherait pas à l’ISF, qu’elle reverrait le barème de l’impôt sur le revenu, Ségolène Royal a-t-elle enfin clarifié son programme fiscal?
Pour Ségolène Royal, la fiscalité n’est pas une fin en soi, c’est un moyen. C’est pour cela que ce n’était pas un point central de ses discours jusque-là, notamment à Villepinte. Elle a été amenée à plusieurs reprise à préciser sa conception de la fiscalité, plus transparente et plus juste.

Au début de la campagne, il y avait eu débat sur cette thématique, notamment entre François Hollande et Ségolène Royal…
Oui, il y avait des incompréhensions, mais je crois que cela était surtout dû à une mauvaise communication. Tout est devenu beaucoup plus clair.

En janvier, François Hollande avait déclaré: «la candidate arbitrera». Ségolène Royal a donc arbitré. C’est maintenant le pacte présidentiel qui fait foi?
Oui, tout est dans le pacte présidentiel, ou sera précisé par la suite. Le pacte présidentiel montre les grandes orientations prises par Ségolène Royal. Un certain nombre d’éléments seront ensuite affinés au niveau du gouvernement ou du projet de loi de finances.

Vous venez de déposer un rapport où vous proposez la mise en place du prélèvement à la source à partir de 2010. C’est une idée que Ségolène Royal pourrait reprendre?
J’ai remis ce rapport dans le cadre de la commission de finances de l’Assemblée. J’ai souhaité dissocier le rapport et la campagne car ce sont deux choses différentes. Je ne souhaite pas engager la candidate sur cela, car je n’ai pas eu de conversations récentes sur ce sujet avec elle, mais ce sont des choses qui existent dans le projet du parti socialiste, et qui vont dans le sens de ce que souhaite Ségolène Royal: une fiscalité plus juste, plus efficace et plus transparente.