«Bayrou applique la stratégie du coucou»

INTERVIEW Vincent Peillon. Député européen PS, pro-Royal

©2006 20 minutes

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Vincent Peillon

Député européen PS, pro-Royal.

Voyez-vous un phénomène Bayrou ?

Le candidat de l'UDF est en tout cas l'objet de tous les commentaires. Mais il ne correspond pas aux enjeux réels de l'élection. Bayrou n'est pas dans le temps du choix des Français. Il est dans celui de l'incertitude, voire du mécontentement. Et il en joue beaucoup.

Y a-t-il deux lignes au PS concernant Bayrou ?

La seule ligne qui vaut, c'est celle de Ségolène Royal, et elle est très claire. Ségolène Royal est la candidate de la gauche qui peut battre la droite. Elle n'est pas dans le « ni-ni » ou le « et-et ». Elle est de gauche et ne trompe pas les électeurs.

Quid des divergences entre Fabius et Strauss-Kahn ?

Si, au PS, certains continuent leurs querelles inutiles, de pur positionnement, plutôt que de s'engager à fond pour faire connaître notre pacte présidentiel, c'est bien désolant. Nous, on a une campagne à faire et des réponses à apporter aux Français pour lutter contre la précarité, améliorer le pouvoir d'achat, redonner à l'école la priorité, passer à une nouvelle République. Dès qu'on en vient aux propositions, les différences apparaissent avec Sarkozy et Bayrou.

Donc, pas d’alliance avec l’UDF ?

Mitterrand disait : « Le centre n'est ni gauche ni gauche. » Depuis vingt ans, Bayrou est sur cette ligne et n'en changera pas. Il applique aujourd'hui la stratégie du coucou : face à la gauche, il s'appuierait sur les voix de droite ; face à la droite, sur les voix de gauche. Au second tour, Ségolène Royal se retrouvera face à un candidat de droite. Les électeurs auront alors à se déterminer sur deux projets de société et deux visions de l'avenir.

Recueilli par B. B.