Le PS dans le trou d'air François Bayrou

PRESIDENTIELLE A la recherche de la position perdue. Le PS traverse une crise de stratégie face à la percée dans les sondages du centriste François Bayrou, qui talonne désormais sa candidate, Ségolène Royal. Les divergences entre les courants fabiusiens et strauss-...

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A la recherche de la position perdue. Le PS traverse une crise de stratégie face à la percée dans les sondages du centriste François Bayrou, qui talonne désormais sa candidate, Ségolène Royal. Les divergences entre les courants fabiusiens et strauss-kahniens sont apparues au grand jour mardi soir, lors du bureau national du parti.Laurent Fabius et l'aile gauche du PS prônent l'opposition frontale. Pas question pour l'ex-Premier ministre d'imaginer une alliance PS-UDF comme le sous-entend le leader centriste. « Le PS est un parti de gauche et François Bayrou un homme de droite », a rappelé hier Fabius. Du côté de Dominique Strauss-Kahn, la position est plus ambiguë. La semaine dernière, DSK a exprimé son « estime » et son « respect » pour Bayrou, qui l'a déjà cité comme un possible Premier ministre. Pour l'aile droite du PS, une alliance Royal-Bayrou serait l'occasion de réaliser en France la grande gauche « sociale-libérale » déjà majoritaire en Europe. Hier, DSK a dû jouer la partition commune. Qualifiant le candidat UDF d'« illusion absolue », il a affirmé qu'« il n'y a pas d'alliance à faire » avec lui.Ségolène Royal, elle, se garde bien de commenter la montée de Bayrou, mais son entourage confie que « c'est un sujet à prendre en compte ». Souhaitant mettre davantage l'accent sur l'éducation, la culture et la laïcité, « des thèmes où Bayrou parle aux électeurs de gauche », les royalistes, comme Vincent Peillon (lire ci-dessous), appellent à « l'unité du PS ». Mais l'heure est grave pour la candidate. « La différenciation Royal-Bayrou n'est pas nette : 43 % des sympathisants de gauche estiment que leurs projets sont proches », explique François Miquet-Marty, de l'institut LH2, selon lequel « 30 % de ces sympathisants sont de sensibilité sociale-libérale, et 28 % de sensibilité critique à l'égard des pouvoirs, deux familles qui peuvent être attirées par Bayrou ».

Bastien Bonnefous