La France de moins en moins terre d’asile

IMMIGRATION Les demandes d'asile ont baissé de 33,6% en 2006 selon le rapport de l’OFPRA…

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La demande globale d'asile en France a baissé en 2006 de 33,6% par rapport à 2005, selon le rapport d'activité 2006 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

Les demandes d'asile, 39.332 en 2006, sont en baisse pour la troisième année consécutive et rejoignent le niveau de la fin des années 1990. Cette décroissance s'inscrit, selon l'Ofpra, dans une tendance générale en Europe, même si la France demeure le premier pays destinataire des demandeurs d'asile.

La coordination française pour le droit d'asile (CFDA) voit dans cette baisse une autre réalité. Dans un contre-rapport rendu public lundi, ce collectif dénonce «la dissuasion légalisée» mise en place en France depuis 2003.

«Sous couvert de lutte contre l'immigration clandestine, les mesures restreignant l'accès au territoire français ont été renforcées par la multiplication des pays dont les ressortissants doivent détenir un visa ou un visa de transit, des accords de réadmission, des sanctions pour responsabiliser les compagnies de transport et plus largement par la pression exercée sur les pays d'origine et de transit pour qu'ils contrôlent leurs frontières», écrit le CFDA dans ce rapport de 20 pages intitulé «Réforme de l'asile, un bilan critique après trois années».
Procédure prioritaire

Le collectif dénonce également le fait que le recours de la procédure prioritaire est en constante augmentation (moins de 10% de la demande globale en 2003, 16% en 2004, 23% en 2005 et 30% en 2006), tandis que le taux d'admission au statut de réfugié baisse légèrement, de 8,2% en 2005 à 7,8% en 2006.

«La procédure prioritaire ne permet pas au demandeur de voir sa demande convenablement examinée», soutient le rapport qui précise par exemple que seuls un quart des demandeurs se voient accorder un entretien dans le cadre de cette procédure.