Le livre sur le bilan de Sarkozy sera quand même publié… sur le Net

JUSTICE L'éditeur de «Ruptures», écrit par un vice-président au tribunal de Paris, avait refusé sa publication...

David Carzon

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C’est l’histoire d’un livre qui a failli ne pas exister. Magistrat engagé à gauche, actuellement vice-président au tribunal de Paris, Serge Portelli travaillait depuis plusieurs mois, sur un bilan minutieux de quatre années d’exercice du pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Le livre intitulé «Ruptures», devait être publié aux éditions Michalon. Mais pour des raisons qui restent encore à éclaircir, l’éditeur (qui a publié plusieurs livres à charge contre Ségolène Royal comme celui de l’ancienne collaboratrice de la candidate PS ou celui de Claude Allègre plus récemment) aurait donc refusé à cette publication.

Le magistrat s’est alors tourné vers l’Internet et le site betapolitique où le livre est publié gratuitement à raison d’un chapitre tous les deux jours. Il est même possible de l’acheter en version brochée.

Cette analyse se veut un éclairage critique de l’action du ministre de l’Intérieur. Il dénonce le mirage des chiffres annoncés par Nicolas Sarkozy pour louer son action. Pour lui, les statistiques actuelles ne veulent pas dire grand-chose et souvent, elles peuvent être truquées. De même, il fustige la culture du résultat imposée aux policiers qui doivent travailler en fonction d’objectifs de quantité et non de la réalité du terrain. Avec pour conséquence, une baisse de la qualité de leur travail. En effet, selon une récente enquête effectuée auprès des procureurs de la République, de plus en plus de procédures sont désormais entachées de nullité.

Et selon Serge Portelli, le vrai danger, c’est que Nicolas Sarkozy n’a pas pu faire tout ce qu’il souhaitait et qu’il compte bien mettre en place s’il est élu président : carnet de comportement pour les enfants présentant des troubles du comportement dès trois ans, peines de prison automatiques, disparition de la justice des mineurs… «Ce livre est là pour qu’on ne puisse pas dire qu’on ne savait pas», conclut Serge Portelli.