Royal, une femme en campagne à Dijon

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Qu'on se le dise, « le temps des femmes a sonné », selon Ségolène Royal. A la veille de la Journée internationale des femmes, la candidate socialiste a transformé hier sa réunion publique de Dijon en un véritable meeting féministe. Dans un Zénith rempli en majorité de retraités, elle n'a cessé, durant une heure de discours, de mettre en avant sa féminité. « Je suis une femme et une mère, et je l'assume », a-t-elle déclaré, estimant que la prochaine présidentielle est « un vote historique » car elle peut être « le rendez-vous majeur d'une femme avec le peuple français ».Dans ce combat pour les femmes, son pacte présidentiel est, d'après elle, sa meilleure arme. Car la lutte contre la précarité, la hausse des salaires et des petites retraites, la fin des temps partiels - autant de promesses de son programme - profiteraient d'abord aux femmes. Par ailleurs, si Ségolène Royal est élue, la première loi votée sous sa législature concernera « les violences contre toutes les femmes ». Au rayon des promesses, la candidate a aussi annoncé la « contraception gratuite pour toutes les femmes de moins de 25 ans », l'introduction dans les programmes scolaires de « l'histoire des femmes », et, plus symbolique, le transfert au Panthéon des cendres de la révolutionnaire féministe guillotinée sous la Terreur, Olympe de Gouges. Aux femmes, la Patrie aussi reconnaissante.Si la candidate socialiste combine à ce point féminité et savoir-faire, c'est parce qu'elle sait que pour une partie des électeurs, son sexe est encore un handicap pour accéder à la magistrature suprême. « Il y a toujours un doute chez certains », a-t-elle confié en privé après le meeting, se félicitant d'une « campagne longue pour que les gens se fassent à l'idée ». Fustigeant François Bayrou, le candidat en hausse dans les sondages, qui ne serait selon elle que « l'illusion du changement ». « Et si la femme était l'ironie de l'histoire ? », a-t-elle interrogé en conclusion de son discours.