Ni putes ni soumises fait parler les mamans des cités

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Les politiques interpellés. A la veille de la Journée des femmes, l'association Ni putes ni soumises (NPNS) a lancé l'« appel des 343 mamans des cités » pour demander que soient donnés aux mères des quartiers, garantes de la cohésion sociale, les moyens de leur émancipation. « Au moment des violences urbaines, dit Fadela Amara, présidente de NPNS, les parents et surtout les mères ont été mises sur la sellette et rappelées à leur responsabilité éducative. Mais n'est-il pas temps de s'intéresser à elles ? »Dans un appel mis en ligne sur le site de NPNS le 1er mars et officiellement lancé hier, « 343 mamans des cités » demandent donc aux politiques « d'être traitées comme toutes les autres citoyennes de la République ». En référence au manifeste des « 343 salopes » qui affirmaient avoir subi un avortement, lancé en avril 1971, les « mamans des cités » demandent en premier lieu de « mettre un terme aux conventions bilatérales qui préservent les lois d'origine et qui nous exposent aux violences de la polygamie, de la répudiation et du mariage forcé ».Elles demandent aussi « les moyens de leur émancipation » : des places dans les crèches et dans les garderies « pour cesser d'être cantonnées dans la sphère privée », des transports publics pour pouvoir « sortir des ghettos où les seuls endroits de rencontres sont des cafés réservés aux hommes », un accès à la culture pour leur permettre notamment l'apprentissage du français.