Non-lieu pour Karl Zéro dans l'affaire Alègre

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L'animateur Karl Zéro a bénéficié d'un non-lieu dans le dossier concernant la lecture, en mai 2003 dans l'émission «Le vrai journal» de Canal+, d'un courrier du tueur en série Patrice Alègre, a annoncé mercredi l'avocat de l'animateur, Me Olivier Baratelli.

La juge Nathalie Turquey s'était vu confier ce dossier ouvert en décembre 2003, à la suite d'une plainte contre X avec constitution de partie civile de Dominique Baudis. La magistrate avait été saisie sur des faits de «sortie illicite de correspondance», «violation du secret de l'instruction» et «violation du secret professionnel». Faute de preuve, la magistrate, qui n'avait procédé à aucune mise en examen dans ce dossier, a rendu lundi une ordonnance de non-lieu.

«Karl Zéro se réjouit que la justice lui soit rendue: la vérité a triomphé. La justice couronne une nouvelle fois la liberté d'expression et le courage journalistique», se sont félicités les avocats de Karl Zéro, dans un communiqué.

Dans un courrier daté du 29 mai 2003, lu à l'antenne par Karl Zéro le 1er juin, Patrice Alègre avait confirmé les déclarations fracassantes faites le 30 mai devant le juge d'instruction Serge Lemoine, où il reconnaissait pour la première fois les meurtres d'une prostituée et d'un travesti en 1992.

Le tueur en série avait également désigné comme commanditaires de ces crimes le magistrat Marc Bourragué et Dominique Baudis, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), avant de se rétracter le 19 juin.

«Les noms de Dominique Baudis et de Marc Bourragué n'avaient pas été cités à l'antenne par mon client. Ils ont été révélés au public par les avocats de Patrice Alègre lors d'une conférence de presse, et repris en une par le Monde», a déclaré à l'AFP Me Baratelli, en s'étonnant que «l'affaire se soit focalisée sur Karl Zéro».

L'avocat de M. Baudis, Me Francis Szpiner, avait réclamé à la juge la mise en examen de Karl Zéro et d'un journaliste qui a eu accès au courrier.

Au cours de l'instruction, Patrice Alègre avait affirmé que la transmission de la lettre avait fait l'objet d'une transaction financière avec Karl Zéro, qui lui aurait promis en échange 15.000 euros par l'intermédiaire de l'un des ses anciens avocats.