Sarkozy choisit sa banlieue

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En volant au secours de Jean-Marie Le Pen et d'Olivier Besancenot en mal de parrainages présidentiels, Nicolas Sarkozy a, au-delà de la défense d'un principe démocratique, plutôt servi ses intérêts électoraux, selon plusieurs experts.
En volant au secours de Jean-Marie Le Pen et d'Olivier Besancenot en mal de parrainages présidentiels, Nicolas Sarkozy a, au-delà de la défense d'un principe démocratique, plutôt servi ses intérêts électoraux, selon plusieurs experts. — Pascal Pavani AFP

Le candidat UMP à la présidentielle a fait son retour en banlieue hier soir. Pas n'importe laquelle. Il n'est pas revenu à Argenteuil, où il avait prononcé le mot « racaille » en 2005, mais à un jet de pierre de là, dans la commune de Cormeilles-en-Parisis (Val-d'Oise).


Devant une assemblée à la moyenne d'âge plutôt élevée, il n'a pas eu un mot pour les cités sensibles si proches, mais s'est attaché à évoquer les maux qui y sont liés, ceux que l'on voit des zones pavillonnaires non loin : les éducateurs qui ne « doivent pas dresser l'enfant contre la société », l'école qui ne «peut se décharger de toute responsabilité quand la classe est finie», l'immigration non maîtrisée qui «tire la société vers le bas», l'«impunité» du petit caïd «accueilli en héros» dans son quartier...

Hormis ces messages à peine voilés, Nicolas Sarkozy était aussi venu donner sa vision de l'Etat. Il a même fait l'apologie d'un «Etat fort», qui est «la seule digue contre les dérives de l'économie», tout en récusant «l'étatisme et le dirigisme». Pique à l'intention de Ségolène Royal et ses jurys citoyens, le candidat a fustigé « la démocratie d'opinion qui prétend opposer la société à l'Etat » et qui est «le contraire de la démocratie».

Toujours en lien avec son thème de la soirée, Nicolas Sarkozy a évoqué le dossier Airbus puisque selon lui, dans ces cas-là, c'est à l'Etat de se «préoccuper de trouver de nouveaux actionnaires» au groupe aéronautique.