Les salariés d'Airbus mobilisés

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Des milliers de manifestants à Toulouse, Méaulte (Somme) et Saint-Nazaire (Loire Atlantique), de 85 à 90% de grévistes sur les sites: les salariés français d'Airbus se sont massivement mobilisés mardi contre la restructuration de l'avionneur européen.
Des milliers de manifestants à Toulouse, Méaulte (Somme) et Saint-Nazaire (Loire Atlantique), de 85 à 90% de grévistes sur les sites: les salariés français d'Airbus se sont massivement mobilisés mardi contre la restructuration de l'avionneur européen. — Philippe Huguen AFP

Des milliers de manifestants à Toulouse, entre 1.500 et 2.000 personnes à Méaulte (Somme), entre 1.500 et 3.000 à Saint-Nazaire (Loire Atlantique), de 85 à 90% de grévistes sur les sites: les salariés français d'Airbus se sont massivement mobilisés mardi contre la restructuration de l'avionneur européen.

2.000 à 3.000 salariés d'Eurocopter, autre filiale franco-allemande d'EADS spécialisée dans les hélicoptères, ont observé une heure de débrayage sur les sites de Marignane (Bouches-du-Rhône) et La Courneuve (Seine St-Denis).

Les responsables des cinq grandes confédérations syndicales françaises, Jean-Claude Mailly (FO), Bernard Van Craeynest (CFE-CGC), Bernard Thibault (CGT) – qui a dénoncé l'attitude «très laxiste» de la Commission européenne - François Chérèque (CFDT) et Jacques Voisin (CFTC), ainsi que deux candidats à la présidentielle, Olivier Besancenot et José Bové, étaient présents dans le cortège toulousain, fort de 12.000 à 15.000 personnes. Marie-George Buffet (PC), également candidate, a défilé à Saint-Nazaire.

«Si aujourd'hui nous ne sommes pas entendus, il faudra frapper plus fort, le combat ne fait que commencer», a lancé le coprésident du comité d'entreprise européen d'Airbus, Jean-François Knepper (F0), qui estime que les salariés français paient un trop lourd tribu à la restructuration par rapport à l'Allemagne.

A Berlin, Ségolène Royal a rencontré pour la première fois la chancelière allemande et déclaré qu'elle était d'accord avec Angela Merkel pour que la France et l'Allemagne «définissent en commun des politiques industrielles». Les députés socialistes ont demandé mardi la réunion, «au plus tard la semaine prochaine», de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale sur ce dossier, avec l'audition du président d'EADS et du gouvernement.

Le ministre de l'Economie, Thierry Breton, a souhaité, lui, qu'EADS procède «le moment venu» à «une augmentation de capital» à laquelle l'Etat français participerait «au prorata» de sa participation.

Rendez-vous le 16 mars pour un rassemblement syndical unitaire à Bruxelles, proposé lundi par les syndicats européens de l'aéronautique.