François Bayrou reçu 20 sur 20

©2006 20 minutes

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Le candidat Bayrou n'en finit plus de surprendre. Déjà crédité de 17 % des intentions de vote la semaine dernière par le baromètre 20 Minutes-RMC-BFM TV-LH2, le voilà qui fait encore un bond de trois points. Il atteint donc la barre des 20 %, celle qui permet de commencer à songer sérieusement à une présence au second tour de l'élection présidentielle. Auquel cas, indiquent d'autres sondages, François Bayrou partirait favori face à Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy.Ces résultats doivent être accueillis avec une grande prudence, 58 % des personnes interrogées indiquant ne pas avoir définitivement fait leur choix. Mais ils invitent à s'interroger sur la promesse phare de François Bayrou : s'il était élu, aurait-t-il oui ou non les moyens d'attirer dans son gouvernement des personnalités venues de droite et de gauche ?Pour lui, ça ne fait aucun doute. Le candidat s'en est longuement expliqué dans un entretien publié le 2 mars par Le Monde. « Mesurez ce que sera la force de la décision des Français s'ils élisent un président porteur de l'idée de rassemblement. Si les appareils [UMP et PS] refusaient d'entendre ce message, ils seraient rejetés aux élections législatives », affirme-t-il. Reste que les personnalités potentiellement concernées continuent de jurer la main sur le coeur, Bernard Kouchner excepté, que jamais elles n'accepteront de former quelque coalition que ce soit.Pour convaincre du contraire, François Bayrou invite à jeter un regard outre-Rhin : « En Allemagne, il y a quelques mois, la CDU et le SPD disaient qu'ils n'accepteraient jamais de gouverner ensemble. Il se trouve que le peuple allemand leur a donné mandat, avec le vote aux législatives, de travailler ensemble. Et ils l'ont fait. »Son futur gouvernement, anticipe le président de l'UDF, n'aurait même aucune difficulté pour triompher aux législatives de juin : « Le gouvernement accordera un label dans chaque circonscription aux candidats qui la soutiendront. La vague dépassera de beaucoup l'élection présidentielle. » Et Bayrou de promettre d'enterrer l'UDF, au profit d'« un grand parti démocrate pour la France ».Réaliste ? Non, s'étranglent ses adversaires. « Faire gouverner la France par la gauche et la droite, on a déjà donné, assène le député Yves Jégo (UMP). Ça s'appelait la cohabitation, ça n'a jamais fonctionné. » Stéphane Colineau