Le suicide, une maladie professionnelle ?

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L’entreprise deviendrait-elle une «machine à broyer»* ? Non, répond EDF, qui comparaissait lundi devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de Tours pour le suicide d’un technicien en août 2004. L’entreprise conteste une décision de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de considérer comme une maladie professionnelle le suicide de Dominique Peutevynck, 49 ans.

 
EDF estime en effet qu'il «existe un certain nombre de facteurs personnels pour expliquer» le passage à l’acte de ce technicien supérieur à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire). L’avocat du groupe a notamment cité «une période de dépression lors de son divorce, une autre quand il s'est séparé de sa nouvelle compagne».
 
«Surcharge de travail»

Cette affaire est examinée alors que trois autres employés de cette centrale se sont suicidés ces six derniers mois, selon la CGT, qui évoque la «surcharge de travail» affectant certains employés du site nucléaire. Le syndicat a cependant indiqué qu'il ne préjugeait pas «du lien pouvant exister entre le travail et ces actes désespérés».

En 2005, la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Tours avait au contraire estimé que le suicide serait pris en charge comme une maladie professionnelle, reconnaissant «un lien direct et essentiel avec l'activité professionnelle» de l'employé. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 14 mai.

Cette affaire fait également écho aux trois suicides survenus en quatre mois au Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines). 

Pensez-vous que travail et suicide peuvent être liés ? Constatez-vous une dégradation des conditions de travail ?

* Titre d’un livre du journaliste Dominique Decèze (sept. 2004 aux éditions Jean-Claude Gawsewitch), qui dénonce la nouvelle politique de France Télécom et ses effets sur la santé du personnel.