Ségolène, Nicolas et François sont dans un avion...

AIRBUS Les candidats à l’élection présidentielle font de la crise chez l'avionneur un thème de campagne...

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La journée nationale d'action des salariés d'Airbus mardi, avec grève et manifestations sur les sites français de l'avionneur européen, marquera la semaine sociale, où débuteront par ailleurs des rencontres entre syndicats et candidats à l'élection présidentielle.
La journée nationale d'action des salariés d'Airbus mardi, avec grève et manifestations sur les sites français de l'avionneur européen, marquera la semaine sociale, où débuteront par ailleurs des rencontres entre syndicats et candidats à l'élection présidentielle. — Muriel Bortolluzy AFP/Archives

Tout le monde embarque. Les uns après les autres, les principaux candidats à la présidentielle se pressent au chevet d'Airbus, touché par un plan de suppression de 10 000 emplois en Europe, dont 4 300 en France et 3 700 en Allemagne. Aujourd'hui, François Bayrou, puis Nicolas Sarkozy se succéderont à Toulouse pour discuter avec les syndicats. Tous les deux ont évoqué ce week-end la possibilité d'un nouvel actionnariat de la maison mère EADS, sans se montrer vraiment précis.Mais Ségolène Royal est la plus rapide à avoir réagi. Dès vendredi, en déplacement à Pau (Pyrénées-Atlantiques), la candidate socialiste a rencontré l'intersyndicale de l'avionneur, fustigeant l'« inertie gouvernementale » et apportant son « soutien » à la journée de grève et de manifestations prévue demain. A l'issue d'une réunion avec les présidents PS de région, elle a proposé un « moratoire » du plan social, et l'entrée au capital d'EADS des régions françaises concernées par l'aéronautique. « Comment se fait-il qu'une entreprise qui a des commandes pour cinq ou six ans soit obligée de procéder à des annonces traumatisantes ? », a-t-elle déclaré.Samedi, dans une réunion publique à Auch, Ségolène Royal a enfoncé le clou, en fustigeant les « aquoibonismes » et en affirmant que « les licenciements financiers ne sont pas une fatalité ». « Il y a toujours une façon de résister », a-t-elle lancé devant un millier de personnes, qui l'ont fortement applaudie. Aujourd'hui et demain, la candidate du PS doit évoquer le dossier avec la chancelière allemande, Angela Merkel, lors d'un déplacement à Berlin. Jusqu'à présent, ses

propositions ont été accueillies avec méfiance outre-Rhin.De leur côté, huit présidents de régions socialistes ont demandé à être reçus par Dominique de Villepin, alors que le Premier ministre réunit aujourd'hui les présidents des groupes parlementaires pour évoquer le cas Airbus.