Aubry demande l'encadrement des loyers pour Lille et d'autres villes

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Martine Aubry le 4 avril 2014 à Lille
Martine Aubry le 4 avril 2014 à Lille — Denis Charlet AFP

La maire PS de Lille Martine Aubry a demandé samedi que sa ville, «reconnue comme la troisième ville la plus chère de France» et d'autres villes volontaires, bénéficient aussi de l'encadrement des loyers que le gouvernement veut pour l'instant limiter à Paris.

«Nous demandons que, comme Paris, Lille et d'autres villes volontaires bénéficient de l'encadrement des loyers prévu par la loi Alur dans le respect de l'engagement 22 de François Hollande», a déclaré Mme Aubry dans un communiqué, au lendemain de l'annonce par le Premier ministre Manuel Valls que l'encadrement des loyers serait limité à Paris et mené «à titre expérimental».

«Paris n'est pas la seule ville de France à avoir besoin d'une régulation de ses loyers», a estimé Mme Aubry dans le communiqué co-signé par Audrey Linkenheld, députée PS du Nord et conseillère municipale déléguée au plan lillois de l'habitat et co-rapporteur de la loi Alur.

- déterminés à aboutir -

«Le fait que l'on n'encadre que Paris est incompréhensible au regard du marché immobilier français et de la situation dans un certain nombre de territoires où les loyers dépassent les moyens de beaucoup de personnes», a déclaré Mme Linkenheld à l'AFP.

Dans le communiqué Mme Aubry note qu'«il est bien sûr exact, pour reprendre les termes utilisés par le Premier Ministre, que ++les conditions techniques ne sont pas partout réunies++ pour fixer dès maintenant dans les agglomérations les plus tendues de notre pays des loyers locaux de référence. Comment pourrait-il en être autrement quelques mois à peine après l'adoption de la loi Alur?».

«À Lille, depuis plus d'un an maintenant, nous travaillons en anticipation des obligations légales», a indiqué Mme Aubry : «plus que jamais, nous sommes déterminés à faire aboutir ce travail».

«Notre ville a cruellement besoin d'un dispositif national lui permettant de réguler localement ses loyers et de les rapprocher des capacités financières réelles de ses habitants, tout en préservant la rentabilité des investisseurs», a affirmé Mme Aubry.

Selon Mme Linkenheld, le travail préalable d'évaluation des loyers dans l'agglomération du Grand Lille est déjà bien avancé et il faudra environ six mois pour l'achever, en concertation avec les collectivités, les professionnels de l'immobilier et l'agence départementale d'information sur les logements (ADIL).

Le Premier ministre Manuel Valls avait dévoilé vendredi une série de mesures visant à relancer la construction immobilière, qui comprend une série de carottes fiscales en direction des investisseurs et est revenu sur l'encadrement généralisé des loyers, promesse de campagne du candidat François Hollande.

L'ex-ministre écologiste Cécile Duflot avait qualifié vendredi «d'inouïe» la décision de limiter l'encadrement des loyers à Paris. Celui-ci avait été «voté par l'unanimité de la majorité et le Premier ministre tout seul annonce son abandon», avait-elle dénoncé.

Il s'agit d'un «cadeau fait aux lobbies», avait regretté Mme Duflot. «On a cédé à une opération de communication et d'intoxication en oubliant des centaines de milliers voire des millions de personnes qui souffrent de la crise du logement», a poursuivi la dirigeante écologiste qui estime qu'«on avait les moyens d'agir».

Interrogée sur la coïncidence de ce communiqué avec l'université d'été quelque peu houleuse du PS à La Rochelle à laquelle Mme Aubry, dont sont proches certains des députés socialistes frondeurs, n'assiste pas, Mme Linkenheld a répondu: «Franchement, c'est un concours de circonstances».

«Cela faisait des semaines que l'on attendait les annonces du gouvernement sur le logement, et il se trouve qu'elles sont tombées hier», a-t-elle souligné.

Un point de vue qu'a également soutenu l'entourage de Mme Aubry en ces termes: «Si les décisions annoncées hier l'avaient été avant, nous aurions réagi aussi vite et de la même manière».