Le salon de l’agriculture, pré-carré des candidats

Alexandre Sulzer

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Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a affirmé jeudi en visitant le Salon de l'agriculture que lui, était un "bâtisseur, pas un démolisseur", en faisant allusion aux propos tenus mardi dans ce même salon par la socialiste Ségolène Royal.
Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a affirmé jeudi en visitant le Salon de l'agriculture que lui, était un "bâtisseur, pas un démolisseur", en faisant allusion aux propos tenus mardi dans ce même salon par la socialiste Ségolène Royal. — Olivier Laban-Mattéi AFP

Un air de «Ferme Célébrités». Le salon de l’agriculture, qui ouvre ses portes samedi pour sa 44e édition, va être l’un des must politico-médiatiques de la campagne présidentielle. La porte de Versailles est en effet le rendez-vous incontournable de tout homme politique français qui se respecte. Et souhaite se montrer, ici tapotant la croupe d’une Blonde d’Aquitaine d’une tonne, là partageant un sauciflard un béret sur la tête.

A ce jeu là, Jacques Chirac l’emporte haut la main. A 9 heures samedi, c'est lui qui va ouvrir  la manifestation. Sans doute avec un petit pincement au cœur, puisque ce devrait le dernier de sa carrière. Depuis 1972, il aura moissonné fidèlement les allées du parc des expositions plus de trente fois, d’abord en tant que ministre de l’Agriculture, puis comme Premier ministre, maire de Paris et, bien sûr, Président. L’année dernière, il y avait passé pas moins de quatre heures. C’est que le chef de l’Etat se sait en terre conquise et a su entretenir des liens forts avec le monde paysan.

Sans Bové

Ce qui n’empêchera pas les grandes manœuvres de séduction des autres candidats, qui vont se bousculer au milieu de 3.000 bêtes, 1.080 bottes de tourbe, 230.000 kilos de paille, 4.000 de foin et 280.000 de fumier. François Bayrou, Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers se sont ainsi annoncés pour mardi. Ségolène Royal, qui s’était affichée récemment une brebis dans les bras, n’a pas encore donné de date. Mais son équipe de campagne l’assure: elle ne ratera pour rien au monde le rendez-vous. Même chose pour Nicolas Sarkozy qui a déjà fait les yeux doux au monde agricole, lors de récents déplacements: les viticulteurs à Sancerre et les producteurs de fromage à Chavignol.

Seul absent d’ores et déjà annoncé: José Bové. L’alterpaysan a décidé d’organiser, lundi, un contre-salon chez lui, à Montredon du Larzac. Au programme: un débat sur l’avenir de l’agriculture. Ca va discuter ferme.