Le Pen refait le coup des parrainages

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Un air de déjà-vu. Hier, Jean-Marie Le Pen a affirmé qu'il lui manquait « près de cent » parrainages pour se présenter au premier tour de la présidentielle. « J'avais réuni environ cinq cents promesses » de signatures, « mais un certain nombre de promesses n'ont pas été honorées », a-t-il précisé hier.Le président du Front national, qui dénonce « des appels de faux journalistes aux maires », affirme avoir porté plainte contre X.Cet épisode n'est pas sans rappeler la campagne de la présidentielle 2002, au cours de laquelle il mettait déjà en cause les pressions « par téléphone, courrier ou tract » sur les édiles pour qu'ils renient leurs engagements. A la mi-mars 2002, Le Pen affirmait même qu'il lui manquait « plus d'une centaine » de signatures. Quelques jours plus tard, il lançait contre la « machination » « un appel républicain aux élus », citant Voltaire. Mais, le 30 mars 2002, il ne lui manquait plus que seize parrainages et, le jour dit, il pouvait finalement présenter 533 signatures.Ce scénario accréditant une théorie du complot présente de nombreuses similitudes avec la situation d'aujourd'hui. D'autant plus qu'en 1995, Le Pen avait déjà critiqué le « chantage » pratiqué par Robert Hue et Philippe de Villiers pour l'empêcher d'obtenir le fameux sésame. Mais, le moment voulu, il présentait 560 parrainages. La présidentielle de 1981 est la seule où le parti d'extrême droite n'a pas réuni assez de signatures pour présenter un candidat. Arnaud Sagnard