Le Havre: l'adolescent meurtrier voulait défendre sa soeur «souffre-douleur»

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le jeune homme avait frappé d'un coup de couteau Lucie, 18 ans, apparemment en représailles après une violente dispute ayant opposé quatre jeunes filles, dont la victime et la sœur du meurtrier présumé
le jeune homme avait frappé d'un coup de couteau Lucie, 18 ans, apparemment en représailles après une violente dispute ayant opposé quatre jeunes filles, dont la victime et la sœur du meurtrier présumé — Thomas Samson AFP

L'adolescent de 15 ans soupçonné d'avoir mortellement poignardé une jeune fille il y a une semaine au Havre voulait protéger sa sœur «souffre-douleur» de trois jeunes filles, dont la victime, a affirmé l'avocat du jeune homme qui a été placé en détention provisoire mercredi.

Mis en examen vendredi pour «homicide volontaire», le jeune homme, Charlie, avait frappé d'un coup de couteau au ventre Lucie, 18 ans, après une violente dispute ayant opposé quatre jeunes filles, parmi lesquelles la victime et la sœur du jeune meurtrier présumé.

Lucie, en mémoire de qui une marche blanche rassemblant 300 personnes a eu lieu samedi au Havre, était décédée jeudi matin à l'hôpital, des suites de sa blessure.

Les faits s'étaient déroulés à la station de tramway du quartier de la Mare-au-Clerc, habituellement paisible, de la ville portuaire.

Le meurtrier présumé avait été appréhendé rapidement sur le quai de l'arrêt du tramway.

Selon Me Hugues Vigier, avocat de la défense, qui s'est exprimé devant des journalistes après le placement en détention provisoire décidé par un juge des libertés et de la détention, le geste de Charlie s'explique par les violences subies par sa sœur.

«En termes d'intensité de violence, le geste de Charlie est certainement moins fort que les coups assénés à sa soeur Elodie par les trois jeunes filles qui l'ont agressée, Rachel, Alva et Lucie», a indiqué à l'AFP Me Vigier.

«Le problème, c'est qu'il est muni d'une arme létale et qu'il touche une zone vitale», a-t-il ajouté, précisant qu'avant de frapper, il avait été insulté par Lucie. «Il frappe parce que c'est elle qui est venue vers lui», a-t-il affirmé, laissant entendre que la victime n'était pas spécifiquement visée par l'adolescent.

Elodie, qui souffrait déjà de mobilité réduite avant l'agression, selon Me Vigier, avait due être hospitalisée après les coups reçus lors de la dispute avec les trois jeunes filles.

Pour l'avocat, ces dernières «lui pourrissaient la vie depuis plus d'un an, c'était leur souffre-douleur», et il pourrait s'agir d'une histoire de rivalité amoureuse.

Selon le déroulé des faits tel que décrit par l'avocat, Rachel, Alva et Lucie avaient déjà roué de coups Elodie une première fois le jour du drame, en présence de Charlie.

La mère d'Elodie, souhaitant qu'elle porte plainte, était venue à la rescousse de sa fille. «Voyant la scène de chez lui, Charlie est parti prendre un couteau pour défendre sa sœur et sa mère», a-t-il détaillé.

«Les caméras de vidéosurveillance montrent bien ce qui s'est passé», a estimé Me Vigier.

Récemment, la mère de Lucie, Maryse Haubert, avait accusé le jeune meurtrier d'acte prémédité. «En allant chercher un couteau, il voulait la tuer», avait-elle affirmé sur BFM-TV.