Trente ans ferme pour avoir charcuté sa maîtresse

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La cour d'assises de Paris a condamné mardi à trente ans de réclusion criminelle, Bérenger Brouns, charcutier parisien qui avait étranglé sa maîtresse et le fils de cette dernière avant de les découper en morceaux pour les faire disparaître.

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Après à peine deux heures et demie de délibéré, la cour, présidée par Jean-Pierre Getti, a déclaré l'accusé de 43 ans coupable d'avoir le 20 février 2005 étranglé sa maîtresse, Christelle Leroy, 26 ans, le fils de cette dernière, Lucas, 4 ans, et leur chien.

Le charcutier, connu dans le 10ème arrondissement de la capitale, où il tenait commerce, avait avoué avoir, la nuit suivant le double meurtre, porté les corps de la jeune femme et de l'enfant dans son arrière-boutique et les avait découpés au couteau à désosser avant de disperser les morceaux dans les poubelles du quartier. Ils n'ont jamais été retrouvés.

Avant que la cour se retire, l'accusé s'était adressé aux proches des victimes, assis en face de lui, et leur avait dit: «je vous demande pardon, je ne l'attends pas parce que je sais que c'est impossible, mais je vous présente sincèrement mes regrets.» «Je saisis le chagrin et la douleur que j'ai provoqués», a ajouté l'accusé, qui s'exprimait en dernier, comme le prévoit le code de procédure pénale.

Tout au long de ce procès qui a débuté vendredi, les soeurs et la mère de Christelle Leroy ont souvent cédé aux larmes, notamment lorsque la cour s'est penchée sur les circonstances précises du drame ou quand les débats évoquaient le petit Lucas, étranglé quelques minutes après sa mère.

Mardi matin, l'avocat de la famille Leroy et du père de l'enfant, Me Patrick Bes de Berc, avait insisté sur l'horreur des faits, affirmant, en conclusion: «M. Brouns a bien de la chance car s'il avait été jugé il y a cinquante ans, il aurait été condamné à mort et exécuté».

Prenant sa suite, l'avocat général, François-Louis Coste, a requis la peine maximale prévue par le code pénal, à savoir la réclusion criminelle à perpétuité. «C'est un acte fou par lequel Bérenger Brouns a détruit la vie de Christelle Leroy et de Lucas, son fils à elle», a estimé le représentant de l'accusation. Mais, a-t-il insisté en s'adressant aux jurés, c'est un acte fou commis par quelqu'un de «normal, comme vous et moi».

Lundi, les psychiatres et psychologues interrogés par la cour avaient décrit un «Monsieur tout le monde» qui a «perdu ses repères de conscience» lors du passage à l'acte.

Pour la défense, Me Jean-Marc Fedida, a plaidé pendant une heure et demie que les crimes de son client avaient été commis sous l'empire de la passion.
«Nous savons que Bérenger Brouns n'était pas destiné à cela, sauf à lire le dossier avec les yeux de la haine», a-t-il ajouté.

Marié depuis plus de vingt ans, père de deux filles, Bérenger Brouns était tombé amoureux de Christelle Leroy qu'il avait embauchée en février 2004 comme vendeuse.

Leur relation, d'une durée d'un an, avait connu un cours tumultueux, ponctuée de ruptures et de crises, selon les témoignages exprimés au procès. Pour Me Fedida, dans ce dossier, il n'y a pas «d'autre élément que la passion».

«Aujourd'hui, il est conscient de sa responsabilité, il fait face», a souligné Me Fedida. Bérenger Brouns dispose d'un délai de dix jours pour faire appel de la sentence prononcée par la cour d'assises.