«La cassette» du RPR accuse les politiques d'avoir profité du système

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Michel Roussin, ancien bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris, et Louise-Yvonne Casetta, ex-assistante des trésoriers du RPR, ont été condamnés mardi par la cour d'appel de Paris à respectivement 4 et 2 ans de prison avec sursis dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France.
Michel Roussin, ancien bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris, et Louise-Yvonne Casetta, ex-assistante des trésoriers du RPR, ont été condamnés mardi par la cour d'appel de Paris à respectivement 4 et 2 ans de prison avec sursis dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France. — Joël Saget AFP

Louise-Yvonne Casetta, condamnée mardi en appel à 2 ans de prison avec sursis dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France, a dénoncé une «justice à deux vitesses», épargnant selon elle «les politiques qui ont bénéficié» du système de financement illégal des partis.

«C'est la justice à deux vitesses: les politiques vous n'en avez pas vu là alors que c'est eux qui en ont bénéficié (du système de corruption qui liait entreprises du BTP et partis, ndlr), c'est eux qui ont demandé, qui ont exigé», a déclaré l'ex-adjointe des trésoriers du RPR, prédécesseur de l'UMP.

Reconnue coupable de complicité et recel de corruption, Mme Casetta a été condamnée mardi par la cour d'appel de Paris à 2 ans de prison avec sursis, 30.000 euros d'amende et à une interdiction pour 3 ans du droit de vote et de l'éligibilité. «C'est un scandale, l'adjointe est condamnée et celui qui a donné les ordres ne l'est pas», a réagi de son côté son avocat, Me Jacques Vergès.

«Evidemment ce sont des énarques, des députés, des sénateurs, des anciens ministres», a poursuivi l'avocat... «Des sportifs aussi» l'a interrompu Mme Casetta, dans une allusion au champion olympique et élu RPR Guy Drut, condamné en première instance dans la même affaire, avant d'être gracié par le président Chirac.

«Je ne sais pas sauter de haies, je n'ai jamais sauté de haies, c'est dommage, j'aurais pu être graciée», a ironisé Louise-Yvonne Casetta, en visant le médaillé d'or du 110 m haies aux Jeux Olympiques de 1976, à Montréal.

En photo, Louise-Yvonne Casetta à son arrivée le 17 octobre 2006 devant la 9e chambre de la Cour d'appel de Paris.