Les associations utilisent-elles bien vos dons ?

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AFP TV

La Cour des comptes distribue bons et mauvais points aux associations humanitaires. Alors qu’elle émet «quelques réserves» sur la gestion du Secours catholique, elle qualifie d'«exemplaire» celle d'ATD Quart Monde dans deux rapports présentés mardi à la presse.


36 millions d’euros de pertes

Ces rapports portent sur les contrôles des comptes d'emploi des ressources collectées auprès du public entre 2002 et 2004 par ces deux associations caritatives. Le Premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, a rappelé que le Secours catholique (120 millions d'euros de ressources en 2004) avait connu «plusieurs années difficiles», accumulant 36 millions d'euros de pertes de 1999 à 2002 avant un retour aux excédents en 2003.

Notant que l’association est passé en 1996 d'une «logique de distribution de secours à une logique d'accompagnement de la personne», Philippe Séguin a regretté que l'augmentation de la masse salariale (35 % de 1998 à 2002) se soit déroulée «beaucoup plus rapidement» que la diminution des aides financières directes. Relevant «l'effort de maîtrise» de la masse salariale de l'association et «l'engagement et le dynamisme de ses 4.100 équipes de bénévoles», la Cour des comptes demande au Secours catholique d'améliorer sa comptabilité et de poursuivre l'amélioration des procédures de suivi des projets internationaux.

«Actions originales»

ATD Quart Monde (10 millions d'euros de ressources annuelles), par contre, reçoit la palme de la comptabilité. C'était «un contrôle comme nous aimerions en conduire souvent tant la gestion que nous avons eu à examiner est exemplaire», 85 % des ressources étant consacrés à des actions sociales, a déclaré Philippe Seguin. Le Premier président a ajouté que «l'emploi de de l’argent est en tout point conforme à l'objet des appels à la générosité du public», avec des «actions originales qui concernent des familles en situation de grande précarité et visent à les aider à accéder au logement, à l'emploi».

Selon la Cour des Comptes, il existe 110 organismes «d'importance nationale» qui font appel régulièrement à la générosité publique. Depuis une loi de 1991, ces associations sont tenues de faire chaque année une déclaration à la préfecture pour préciser l'objet de leurs appels à la générosité.