Toute la gauche dans l'impasse

©2006 20 minutes

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Un boulevard pour tous les autres... à droite. La cote de Ségolène Royal est en baisse de deux points. Elle est créditée de 25 % d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle selon notre sondage 20 Minutes-BFM TV-RMC, réalisé vendredi et samedi par l'institut LH2. Autre mauvais signe : cette chute continue depuis plusieurs semaines de la candidate socialiste ne profite que partiellement au reste de la gauche, notamment aux petits candidats situés à l'extrême gauche. Ainsi, Olivier Besancenot (3,5 %), Marie-George Buffet (3,5 %) et José Bové (2,5 %) ne gagnent qu'un demi-point, tandis qu'Arlette Laguiller (2 %) et Dominique Voynet (1 %) baissent d'un point. Le total des forces de gauche atteint ainsi un score très faible : 37,5 %.

« La baisse de Ségolène Royal ne se traduit pas en faveur des petits candidats de gauche parce que les électeurs ont encore en mémoire ce qui s'est passé le 21 avril 2002 », analyse François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2. « On note une légère accélération de la gauche radicale qui a une visibilité médiatique plus importante et il existe des passerelles entre les électeurs de Ségolène Royal et ceux d'Olivier Besancenot. Mais dans l'opinion publique, ce dernier représente toujours une des matrices qui ont mené la gauche à la défaite en 2002. Les électeurs préfèrent soutenir quelqu'un qui est mieux placé dans les sondages. » A savoir François Bayrou, qui gagne un point et se retrouve à 14 % d'intentions de vote. Un signe d'autant plus inquiétant pour la gauche que Jean-Marie Le Pen augmente lui aussi son score. De plus, les progressions des candidats UDF et FN ne se font pas au détriment de Nicolas Sarkozy, qui gagne deux points. Depuis le début de la campagne, François Bayrou s'impose comme l'homme clé de cette élection.

Il n'y a donc pas eu d'effet Villepinte pour Ségolène Royal, puisque l'enquête LH2 a été réalisée après que la candidate socialiste a présenté son programme, mais avant son passage à TF1 hier soir dans l'émission J'ai une question à vous poser (lire page 7). « Elle a mis du fond et cela ne prend pas, on peut s'interroger sur sa capacité à rebondir dans les semaines à venir, estime François Miquet-Marty. Il ne s'agit plus seulement pour elle de se maintenir, mais de reconquérir un électorat perdu. » Certaines données restent cependant encourageantes pour elle. D'une part, 58 % des personnes interrogées disent ne pas avoir fait un choix définitif. D'autre part, près de la moitié des électeurs de Bayrou sont susceptibles de basculer dans son camp. Dans les deux cas, il faudra aller les chercher.

David Carzon

Selon notre sondage, Nicolas Sarkozy gagne encore un point sur Ségolène Royal en termes d'intentions de vote au second tour (54 % contre 46 %). Un chiffre symbolique puisque le candidat de l'UMP se trouve désormais au-delà des marges d'erreurs habituelles appliquées à tout sondage. « Nous sommes tous inquiets, a reconnu hier Gérard Bapt, député socialiste de Haute-Garonne. Nous savons que les sondages ne veulent rien dire, mais ils parlent à l'opinion. »