Du virtuel pour stopper la clope

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Jeff Haynes AFP/Archives

Un visio-casque juché sur la tête, une main accrochée à un joystick, l'esprit immergé dans un univers virtuel, le patient « apprend » à arrêter de fumer. L'expérience se déroule à Atlanta, aux Etats-Unis, et sera présentée en avril à Laval (Mayenne) dans le cadre des neuvièmes rencontres internationales de la réalité virtuelle (Laval Virtual). L'Américain Ken Graap, directeur général de Virtually Better, est à l'origine du projet. Après avoir planché sur les phobies et les syndromes de stress post-traumatiques (avec des vétérans du Vietnam ou d'Afghanistan), le chercheur s'attaque aux addictions (nicotine, cocaïne, cannabis).

Le fumeur est plongé dans divers environnements virtuels scénarisés (soirée, restaurant, taxi...). Dans ces univers, des personnages filmés lui adressent la parole clope au bec. Un appareil multi-sensoriel se charge de diffuser l'odeur du tabac. Des capteurs mesurent le degré d'envie. Quand le patient est « à point », le tabacologue intervient.

L'objectif de la réalité virtuelle : éveiller l'état de manque chez le patient pour lui apprendre à faire face avec des docteurs le moment venu. Cette technique s'accompagne de la thérapie classique de sevrage (patchs et gommes). Pour l'instant, le procédé reste expérimental. Quatre-vingts personnes suivent ce traitement. Les résultats définitifs ne sont pas encore publiés. Pour les valider, il faudra notamment tester l'attitude des patients dans des environnements neutres n'augmentant pas l'envie de tabac, comme la douche...

Olivier Marino