Terrorisme : aucune arme retrouvée après les arrestations

FILIERES IRAKIENNES Onze personnes ont été interpellées à Paris et Toulouse, soupçonnées d recruter des djihadistes

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Un réseau d'acheminement de volontaires jihadistes vers l'Irak a été démantelé mercredi avec l'interpellation de onze personnes dans le Sud-Ouest et près de Paris. Onze Français, dont quatre femmes, ont été interpellés tôt dans la matinée lors d'un coup de filet conduit par la sous direction anti-terroriste de la police judiciaire dans le cadre d'une «enquête préliminaire» du Parquet antiterroriste de Paris, et placées en garde à vue.

«Aucune arme, aucun explosif ni aucun élément susceptible d'entrer dans la fabrication d'engins» n'ont été découverts mercredi matin lors des perquisitions aux domiciles de trois couples à Toulouse, tous de nationalité française dont deux d'origine maghrébine, chez un autre couple de Français d'origine syrienne en Ariège et à Torcy (Seine-et-Marne) chez un Français d'origine zaïroise. Dans l'état actuel des investigations, qui avaient commencé il y a dix-huit mois, le réseau «n'est pas soupçonné d'avoir projeté de commettre des attentats, ni en France ni ailleurs».

Des contacts avec Al-Qaïda?

Quant aux soupçons de «liens avec Al-Qaïda», souligné dès mercredi matin par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, dans un communiqué, ils portent surtout sur les «contacts» vers lesquels étaient censés être dirigés les volontaires une fois arrivés en Syrie, en se mettant en rapport avec des affidés de la nébuleuse terroriste pour leur faire franchir la frontière, selon une source proche du dossier.

C'est justement ce qui était arrivé avec les deux jeunes Français dont l'arrestation est à l'origine de l'opération policière. Les deux jeunes gens, dont un d'origine maghrébine, nés, l'un à Toulouse, l'autre à Albi, avaient été arrêtés mardi à Orly à la descente de l'avion qui les ramenait de Damas, d'où ils venaient d'être expulsés. Ils avaient été interpellés par les autorités syriennes alors qu'ils cherchaient à pénétrer en Irak pour y «combattre la coalition» américano-britannique.

Aucun n'a combattu en Irak ou en Afghanistan

Tous, quoi qu'il en soit, ne sont mis en cause que «dans l'organisation d'une filière facilitant, par la fourniture de moyens et de contacts, l'acheminement de jihadistes vers l'Irak, via la Syrie». «Aucun d'eux ne s'était fait connaître pour des activités terroristes directes, ni n'avait déjà combattu ou même ne s'était rendu sur des théâtres du Jihad comme l'Afghanistan par exemple».

Ce réseau fonctionnait «depuis plusieurs mois» et faisait l'objet d'une surveillance par les spécialistes de la sous-direction antiterroriste (SDAT, de la direction centrale de la police judiciaire), qui sont intervenus mercredi matin.

En l'état actuel de l'enquête, il est impossible de dire si d'autres volontaires au Jihad que les deux expulsés de Syrie mardi avaient pu y être acheminés par le réseau.