Le sida emporte Arnaud Marty-Lavauzelle

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Il était l’une des grandes figures de la lutte contre le sida. Mais le virus a eu le dessus: Arnaud Marty-Lavauzelle, ancien président de l'association Aides, est décédé lundi soir à l'âge de 61 ans.

Médecin psychiatre, le Dr Marty-Lavauzelle, entré à Aides en 1987, deux ans après la création de l'association, était devenu président de Aides-France en 1991 avant de quitter la tête de la principale association de lutte contre le sida, en 1998. «L'époque change, l'épidémie est à un tournant, avait-il alors déclaré. On survit, voilà qu'on survit plus longtemps que prévu. La vie vous rattrape». Des propos volontaristes qui ne l’empêchaient pas de refuser de voir banalisée une épidémie qui entraîne 5.000 nouvelles contaminations par an.

Il avait débuté «son long combat contre le sida en même temps que son combat contre son sida», rappelle Aides dans un communiqué. Durant ses huit ans à la tête de l’association, il a «traversé les années de cendre de l'épidémie en France, l'espoir des premiers traitements et le combat acharné contre les discriminations dont sont victimes les malades du sida».

Membre de l'Onusida, membre fondateur d'Ensemble contre le sida (devenu Sidaction), il s'est engagé sur «tous les fronts de l'épidémie: de l'expérimentation à la promotion de la réduction des risques auprès des usagers de drogues, de la mobilisation à la reconnaissance sociale des homosexuels, de l'accès aux soins pour tous en France à un accès aux traitements pour tous dans les pays du Sud», ajoute Aides.

«Admiratif», Luc Barruet, directeur et fondateur de Solidarité Sida, dit «être tombé sous le charme de l’homme» : «Il était à l’écoute, volontaire. Bien que militant de la première heure, il a su ne pas s’enfermer dans le communautarisme homosexuel et transsexuel des premières années».

«C’était génial de travailler avec quelqu’un comme Arnaud», s’exclame Hugues Fischer, co-président de l’association Act-Up, joint par 20minutes.fr. Ce «frère d’armes» partageait «la même colère, la même combativité» que celles revendiquées par Act-Up.


«Il ne se laissait jamais gagner par la routine et avait l’art de mettre le doigt là où ça fait mal», poursuit Hugues Fischer pour qui ce décès est «l’occasion de rappeler qu’on meurt encore du sida aujourd’hui». «L’histoire n’est pas révolue».

A.S