La dictée: de passable à médiocre

EDUCATION Le niveau d'orthographe des élèves aurait «régressé» en 20 ans et les élèves de cinquième sont au niveau de ceux de CM2 en 1987...

D'après AFP

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Les élèves du second degré réussissent mieux actuellement et sont proportionnellement plus nombreux à obtenir le baccalauréat que leurs aînés, selon une enquête comparative des jeunes entrés en 6e en 1989 et en 1995 que publie lundi le ministère de l'Education nationale.
Les élèves du second degré réussissent mieux actuellement et sont proportionnellement plus nombreux à obtenir le baccalauréat que leurs aînés, selon une enquête comparative des jeunes entrés en 6e en 1989 et en 1995 que publie lundi le ministère de l'Education nationale. — Jean-Philippe Ksiazek AFP/Archives

Le niveau des élèves en orthographe a «régressé de manière notable» en 20 ans et les élèves de cinquième sont au niveau de ceux de CM2 en 1987, à en croire un ouvrage-enquête à paraître fin février et rédigé par deux professeurs en sciences du langage et deux professeurs des écoles. Ce livre intitulé «Orthographe: à qui la faute?» (éditions ESF) révélé par Le Monde, dresse un constat du niveau en orthographe des élèves.

Les auteurs (1) ont reproduit à l'identique une enquête précédente menée en 1986-1987 par le chercheur André Chervel et Danièle Manesse sur le niveau orthographique des élèves de 10 à 16 ans.

Ainsi, selon l'ouvrage, en 2005, la même dictée (un passage de Fénelon) a été proposée à un échantillon représentatif de 2.767 élèves de 123 classes du CM2 à la troisième. Entre 1987 et 2005 les résultats témoignent d'une chute importante du niveau, constatent les auteurs, car les élèves passent de huit fautes en 1987 à quinze en 2005.

Les enquêteurs expliquent en partie cette baisse à «un temps réduit pour la langue»: «le temps imparti à l'étude de la langue ne cesse de se réduire depuis un quart de siècle».

Ensuite, «la nature du travail s'est modifiée»: «depuis 1995, les programmes de l'enseignement primaire déconseillent les apprentissages fondés sur la mémorisation, les exercices répétitifs. On demande d'éviter les pratiques traditionnelles d'apprentissage par cœur».

S’ils vont jusqu'à se demander si l'orthographe n'est pas une «norme désacralisée», ces pédagogues — dont l'un est proche de Philippe Meirieu — se refusent à attribuer cette baisse à la mode des courriers électroniques ou des SMS: «il est prématuré d'imputer l'attention moindre portée à l'orthographe dans l'école aux formes de rédaction de ces nouvelles formes d'écrit, mails et textos. Des recherches encore peu nombreuses, apportent des témoignages contraires».

(1) Danièle Manesse, professeur en sciences du langage à l'université de Paris III-Sorbonne nouvelle, Danièle Cogis, maître de conférences à l'IUFM de Paris, et deux professeurs des écoles, Michèle Dorgans et Christine Tallet.

Selon vous, cette baisse de niveau existe-t-elle? Les élèves apprennent-ils trp d'autres choses?