Chirac évoque sa sortie à mi-mots

ÉLECTION e Président déclare qu'il y a une vie après la politique dans «Vivement dimanche»...

©2006 20 minutes

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A deux mois et demi de la présidentielle, Jacques Chirac laisse entendre, pour la première fois, dans une interview à la télévision qu'il ne briguera pas de troisième mandat et qu'il se prépare "à servir la France d'une autre manière" après douze ans à l'Elysée.
A deux mois et demi de la présidentielle, Jacques Chirac laisse entendre, pour la première fois, dans une interview à la télévision qu'il ne briguera pas de troisième mandat et qu'il se prépare "à servir la France d'une autre manière" après douze ans à l'Elysée. — Thomas Coex AFP/Archives

Jacques Chirac a-t-il laissé entendre qu'il quittera l'Elysée sans briguer un nouveau mandat ? La question se pose, après la divulgation hier par Le Parisien de propos tenus par le Président lors de l'enregistrement de « Vivement dimanche », l'émission dominicale de Michel Drucker. Voici l'échange, communiqué par l'Elysée à 20 Minutes :

– Drucker : « Le jour où vous quitterez la vie politique, l'Elysée, est-ce que ça va vous manquer et qu'est-ce que vous allez faire ?»

– Chirac : « D'abord je ne suis pas quelqu'un qui vit dans le culte d'un passé. Je me suis investi totalement dans la mission que je m'étais assignée au service des Français. Alors on peut l'approuver, la critiquer peu importe, mais j'ai toujours essayé d'agir pour les Français et pour l'idée que je me faisais de la France. Et si, le jour où je n'aurai plus de responsabilités de cette nature... eh bien, j'essaierai de servir la France, les Français d'une autre manière. »

– Drucker : « Il y a donc une vie après la politique ? »

– Chirac : « Il y a sans aucun doute une vie après la politique, jusqu'à la mort. »

Pas de quoi fouetter un chat, affirme l'entourage du chef de l'Etat. « Le Président a répondu à une longue interview, faite de questions intemporelles. Ses réponses étaient donc intemporelles. » Autrement dit des généralités, qui ne lèveraient pas le moindre coin de voile sur les intentions du chef de l'Etat. Ce dernier « fera connaître sa décision d'ici à la fin du premier trimestre 2007, quand il jugera le moment venu ».

Convaincant? A moitié seulement. Car Bernadette Chirac, dans la même émission, aurait, elle aussi, tenu des propos troublants selon Le Parisien. « La chute est un peu triste », aurait-elle dit. Puis, à propos de l'Elysée. « Oui, cette maison me manquera beaucoup, mais je m'adapterai. Il faut bien accepter ce que le destin décide. »

S. C.

Selon l'AFP, Jacques Chirac pourrait annoncer sa décision après le 19 février, jour de la réunion du Parlement en Congrès. « Pure interprétation », selon l'Elysée.