Adolescents : plus de suicidaires, moins de suicidés

SANTE Si le nombre de morts a baissé, environ 140.000 jeunes tentent de se suicider chaque année...

©2006 20 minutes

— 

La maison de Solenn à Paris
La maison de Solenn à Paris — no credit

Le suicide, et particulièrement celui des jeunes, devient une priorité de santé publique. Pour la première fois, une semaine entière, qui démarre aujourd'hui, est consacrée aux 11es Journées nationales de la prévention du suicide. Autre signe, Dominique Versini, défenseure des enfants, doit consacrer son rapport 2007 aux suicides des adolescents.

Et pour cause : l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) relevait en 2005 une augmentation des tentatives de suicide chez les 15-24 ans (140 000 par an) et un rajeunissement des sujets «suicidants». Pour Xavier Pommereau, directeur du centre pour adolescents Jean-Abadie à Bordeaux, « la puberté survient plus tôt, et les jeunes ne sont pas prêts dans leur tête ». Surtout si des événements ressurgissent à cette occasion : violences sexuelles, adoption mal digérée, secret de famille...

D'où l'importance de la prévention, qui a d'ailleurs permis de faire baisser le nombre de morts par suicide chez les adolescents (621 en 2004, contre 966 en 1993). Plus les signes précurseurs (fugues, scarification, abus d'alcool et de drogues) sont vite détectés, plus la prise en charge est efficace. « Il ne faut pas que l'ado s'enferme dans la dépression », souligne Xavier Pommerau, faisant allusion à Sarah, qui s'est suicidée à 17 ans. Sa mère, Agnès Favre, vient de publier «L'Envol de Sarah» (Ed. Max Milo), où elle raconte la descente aux enfers de sa fille.

Autre difficulté, le suicide reste tabou. « Les proches d'un suicidé doivent souvent affronter une double épreuve, celle du deuil et celle du regard d'autrui », confie Agnès Favre.

Catherine Fournier

En photo : la Maison de Solenn (Paris 14e), qui fait partie des cinq centres pour adolescents en France qui proposent l'hospitalisation.

Avec 13 000 morts par an, la France est l'un des pays industrialisés les plus touchés par le suicide. Il s'agit de la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans (entre 600 et 800 décès par an), après les accidents de la route. 8 % des adolescentes déclaraient une tentative de suicide en 1993, dix ans plus tard, elles étaient 13%. Une jeune fille sur trois qui fait une tentative de suicide a été victime de violences sexuelles. La France compte une dizaine de maisons pour ados, mais seules cinq d'entre elles proposent l'hospitalisation.