La PJ souffle ses 100 bougies

ANNIVERSAIRE Née des «Brigades du Tigre», la police judiciaire compte près de 7.000 membres…

— 

no credit

Des «Brigades du Tigre» à la série policière de France 2 en passant par «36 quai des orfèvres», la police judiciaire ne cesse de faire fantasmer. Née sous l'impulsion de Georges Clemenceau à l'aube du siècle dernier, elle fête ses 100 ans jeudi soir. Policiers, magistrats, représentants étrangers: quelque 1.300 personnes sont conviées à une soirée anniversaire au Paradis Latin, en présence du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Retour sur la naissance d’une institution.

 
La «Caravane à Pépère»

Dans les premières années du siècle passé, «la France a peur» : les 60 «chauffeurs du Nord» que commande Abel Pollet attaquent et pillent les fermes de la région; ceux de la Drôme torturent et assassinent 18 personnes; la «Caravane à Pépère» du bagnard en rupture de ban Jean Capello, écume la Touraine et la Charente.

Et que fait la police? Sans téléphone ni machine à écrire, ni armes ou presque, les polices municipales que dirigent les maires, assistés d'un commissaire dans chaque ville de plus de 5.000 habitants, n'en peuvent mais.

Face à cette situation, Clemenceau réagit. En 1906, le président du Conseil et ministre de l'Intérieur nomme à la tête de la Sécurité générale un policier, qui a débuté comme simple inspecteur 20 ans plus tôt, Célestin Hennion. Très vite, ce dernier bâtit sur le papier les principes qui vont régir la future PJ et, le 6 mars 1907, il obtient la création, par décret, du «Contrôle général des services de recherches judiciaires». Il confie cette nouvelle structure à compétence nationale au commissaire Jules Sébille qui commence par prouver son efficacité sur le terrain.

Une brigade d'une dizaine d'inspecteurs est envoyée à Lille d'où, rendus mobiles grâce à de simples bicyclettes, ils démantèlent rapidement la bande d'Abel Pollet. En juin 1907, Jules Sébille dirige en personne une vaste opération qui se conclut, en Charente-Maritime, par l'arrestation des principaux membres de la «Caravane à Pépère».

7.000 fonctionnaires
 
Le 30 décembre 1907, douze «Brigades régionales de police judiciaire» sont instituées en France (15 en 1911, 17 en 1919 et 19 en 1920), avec cette seule mission: «seconder l'autorité judiciaire dans la recherche et la répression des crimes et délits de droit commun». Les «Brigades mobiles», qui seront vite appelées «Brigades du Tigre» (du surnom de Clemenceau) avant d'être transformées le 10 novembre 1941 en «Services régionaux de police judiciaire», s'installent en France en mars 1908.
 
La PJ est née, et son premier bilan publié le 21 février 1909 impressionne: 2.695 personnes arrêtées, dont 65 assassins ou meurtriers, 7 violeurs, 10 faux-monnayeurs, 283 escrocs, 193 cambrioleurs ou voleurs à main armée. Aujourd’hui, elle compte près de 7.000 fonctionnaires.

En 2006, elle a enquêté sur plus de 30.500 crimes et délits. Elle a identifié et mis à la disposition de la justice plus de 23.600 auteurs présumés