Un Congrès contre la peine de mort à Paris

MOBILISATION Le 3ème Congrès mondial contre la peine de mort s'est ouvert jeudi à Paris avec des personnalités du monde entier…

S. C. avec AFP

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Le 3e Congrès mondial contre la peine de mort s'ouvre jeudi à Paris, avec en ligne de mire l'abolition universelle qui passe, selon les organisateurs, par des avancées dans trois zones: Chine, Afrique du Nord et Moyen-Orient, Etats-Unis.
Le 3e Congrès mondial contre la peine de mort s'ouvre jeudi à Paris, avec en ligne de mire l'abolition universelle qui passe, selon les organisateurs, par des avancées dans trois zones: Chine, Afrique du Nord et Moyen-Orient, Etats-Unis. — Paul Buck AFP/Archives
Jacques Chirac et Angela Merkel en fers de lance de l’abolition de la peine de mort. C’est par la lecture de leur message de soutien à l’abolition que s’est ouvert jeudi, à Paris, le 3ème Congrès mondial contre la peine de mort.
 
«La peine de mort reste encore en vigueur dans de trop nombreux Etats mais fort heureusement partout dans le monde des forces se mobilisent et portent l'espoir d'une justice plus humaine», affirme le chef d’Etat dans sa lettre lue par le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy.
 
Un message loin d’être anodin puisqu’il fait écho à la polémique suscitée par les 18 députés UMP signataires d’amendement rétablissant, sous condition, cette peine en France.
 
Un Congrès pour une abolition universelle

«Cette révision constitutionnelle interdira donc, quelles que soient les circonstances, de rétablir cette peine qui ne peut en aucun cas être regardée comme un acte de justice», ajoute-t-il,  rappelant qu’il est à l’initiative de l'inscription de l'interdiction de la peine de mort dans la Constitution.
 
Le Congrès accueille plusieurs centaines de personnes venues du monde entier - juristes, militants des droits de l'homme et personnalités politiques parmi lesquelles le sénateur et ancien ministre de la Justice Robert Badinter, à l'origine de l'abolition de la peine de mort en France en 1981.
 
Débat aux Etats-Unis
 
En ligne de mire, l'abolition universelle qui passe, selon les organisateurs, par des avancées dans trois zones: Chine, Afrique du Nord / Moyen-Orient, Etats-Unis. «2.148 personnes ont été exécutées dans 22 pays» en 2005 et «94% des exécutions sont recensées en Chine, Iran, Arabie saoudite et aux Etats-Unis», affirme l'association Ensemble contre la peine de mort (ECPM), à l’initiative du Congrès.
En 2006, deux exécutions par injections se sont mal déroulées et ont relancé le débat aux Etats-Unis.
Mais le pays est encore loin de l’abolition, contrairement à d’autres. Ainsi, ECPM relève «des avancées notables: le Sénégal (2004), le Mexique (2005), le Liberia (2005), les Philippines (2006) ont aboli la peine de mort pour tous les crimes, le Tadjikistan a suspendu l’application de la peine capitale (2004) et la Cour suprême des Bahamas a aboli l’application automatique de la condamnations à mort (2006)». Ils viennent ainsi grossir les rangs des Etats abolitionnistes, désormais majoritaires à l’ONU.