Porté par l'ardeur d'altermondialistes réunis ce week-end à Montreuil, José Bové a fait un grand pas en avant vers sa candidature à l'élection présidentielle, sans l'annoncer tout à fait, mais en affirmant qu'il le ferait le 1er février.
Porté par l'ardeur d'altermondialistes réunis ce week-end à Montreuil, José Bové a fait un grand pas en avant vers sa candidature à l'élection présidentielle, sans l'annoncer tout à fait, mais en affirmant qu'il le ferait le 1er février. — Christophe Simon AFP

PRESIDENTIELLE

José Bové se voit <br> en «porte-voix des sans voix»

Le leader altermondialiste confirme sa candidature pour «combattre le dogme libéral»...

Et de cinq, à gauche de la gauche. Jeudi matin, à la bourse du travail de Saint-Denis, José Bové «décrête l'insurrection électorale contre le libéralisme économique». Autrement dit, il «accepte que (son) nom incarne sur un bulletin de vote la volonté commune de battre la droite et l'extrême droite et de redonner l'espoir d'une alternative à gauche». Autrement dit encore, il rejoint Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet et Gérard Schivardi dans la liste des prétendants anti-libéraux à la présidentielle.

«Mettre fin au dogme économique libéral»


Le leader paysan se veut l'adversaire de Sarkozy, «le candidat du Medef et de la dissolution de l'Etat social», et souhaite incarner «une vraie gauche, antiraciste, féministe et écologique», par opposition à «la gauche qui a renoncé, incarné par Ségolène Royal». Concluant son intervention de son traditionnel «Un autre monde est en marche, un autre avenir est possible», José Bové dit vouloir «mettre fin au dogme économique libéral». Il a dévoilé les grands axes de son programme (voir ci-dessous), y mêlant promesses emblématiques de son personnage (lutte anti nucléaire et OGM, autodétermination des DOM-TOM, suppression de la Banque mondial, du FMI et de l'OMC) et mesures emblématiques de la gauche (régularisation des sans-papiers, VIe République, égalité homme/femme).

Affirmant vouloir être candidat pour devenir «le porte-voix des sans voix», José Bové voit deux obstacles à sa course à la présidentielle : il doit tout d’abord trouver, avant le 16 mars, les 500 parrainages nécessaires et d'autre part, il pourrait se retrouver dans la situation inédite d'être candidat à l'Elysée... et derrière les barreaux, si la justice le décide. La Cour de cassation doit en effet rendre le 7 février sa décision sur son pourvoi contre une condamnation à quatre mois ferme pour un arrachage d'OGM fin 2005.

.../... Une vidéo de la conférence de presse sera publiée dans l'après-midi.../...

Programme Le nouveau candidat a décliné ses neuf priorités de campagne:

-Priorité à la lutte contre la précarité et contre l'actionnariat

-Débat transparent avec la population sur les questions de la sortie du nucléaire et des OGM

-Faire en sorte que les habitants des banlieues ne soit plus des «sous-citoyens»

-la régularisation de tous les sans-papiers

-la transformation démocratique et sociale: «en finir avec la Ve république»

-la rédaction d'un nouveau texte fondateur européen

-laisser le libre choix aux DOM et aux TOM de l'autodétermination vers l'indépendance

- «mettre fin à la capacité de nuisance de la Banque mondiale, du FMI et de l'OMC» et«garantir le droit à la souverainenté alimentaire, ainsi que le libre accès aux biens communs de l'humanité, tels que l'eau»

-«Faire en sorte que les femmes soient les premières bénéficiaires de toutes ces mesures», car «l'objectif d'égalité doit devenir une réalité».