Le beau-père de Julien «probablement» hors de cause

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L'enquête sur la disparition du petit Julien semble marquer un temps d'arrêt, puisque les résultats de l'analyse des traces relevées dans la voiture du concubin, que les enquêteurs pensent être du sang, ne seront connus que jeudi après-midi.
L'enquête sur la disparition du petit Julien semble marquer un temps d'arrêt, puisque les résultats de l'analyse des traces relevées dans la voiture du concubin, que les enquêteurs pensent être du sang, ne seront connus que jeudi après-midi. — Philippe Merle AFP
«Probablement hors de cause». Les résultats des analyses de traces relevées dans le véhicule du beau-père de Julien, et qui pouvaient être du sang humain selon les enquêteurs, permettent «probablement» de dire que l'homme est «hors de cause», a déclaré jeudi soir, sans plus de précision, le procureur de la République de Valence Jean-Pierre Nahon.

Trois jours après la disparition du petit Julien, 3 ans, toujours introuvable, à Bourg-lès-Valence (Drome), son beau-père s'est suicidé à l'issue de sa garde à vue après avoir clamé son innocence. Ce quadragénaire réunionnais, qui n'était pas la père biologique du petit garçon, a succombé dans la nuit de mercredi à jeudi aux blessures au thorax qu'il s'était infligées avec un couteau mercredi matin. Il sortait alors de treize heures de garde à vue au commissariat de la ville.

«En l'état actuel des investigations, tout laisse à penser que le beau-père est hors de cause», a insisté le procureur. Il a cependant réaffirmé que son interpellation était nécessaire, compte-tenu du témoignage d'un voisin affirmant l'avoir vu partir avec un grand sac jaune de son domicile, lundi vers 15h00, au moment de la disparition de l'enfant.

Ce témoignage semble de plus en plus fragile, a reconnu le magistrat, du fait d'éléments qu'il n'a pas voulu spécifier mais parmi lesquels figure l'emploi du temps fourni par le beau-père de l'enfant, qui «n'est pas faux».

Interrogé sur un lien éventuel entre la garde à vue et le suicide, Pierre Nahon a souligné que cet homme avait «vu un médecin à son arrivée qui (avait) jugé son état de santé compatible avec la garde à vue ».

Le magistrat veut maintenant redonner un second souffle à l'enquête. Il l'a confiée à la police judiciaire de Lyon, dont la première tâche sera de mener vendredi matin une fouille intensive du quartier où vivait Julien, dans la banlieue valentinoise, avec des moyens humains qu'il promet importants.

Le procureur a récusé le terme de «battue», préférant parler de «quadrillage intensif», dans le but de trouver «ce qui a pu nous échapper» lors des premières heures de l'enquête. Il faudra fouiller «tous les lieux où Julien -ou son corps- serait susceptible d'être caché. Même si on les a déjà fouillés, il faudra recommencer», a-t-il expliqué.

 Par ailleurs, les recherches dans un bassin de joute le long du Rhône, à proximité du domicile familial, n'ayant pas abouti, le procureur a donné instructions pour que des fouilles à l'aide d'un sonar soient menées jusqu'à un barrage à quelques kilomètres en aval.