La clope mise en boîte dès aujourd'hui

SOCIETE C’est le jour J pour l’interdiction du tabac dans les entreprises et les lieux publics

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Le groupe Altria va se séparer de sa filiale d'alimentation Kraft Foods pour se recentrer sur les cigarettes, véritable poule aux oeufs d'or guère affectée par les aléas juridiques et les campagnes anti-tabac dans le monde.
Le groupe Altria va se séparer de sa filiale d'alimentation Kraft Foods pour se recentrer sur les cigarettes, véritable poule aux oeufs d'or guère affectée par les aléas juridiques et les campagnes anti-tabac dans le monde. — Nicolas Asfouri AFP/Archives

L'interdiction de fumer concerne 25 millions de travailleurs. Et ce matin, toutes les entreprises bannissent la cigarette... Toutes ? Non. Certaines, équipées de fumoirs, résistent encore à la vague antitabac. Exit la pièce enfumée, aujourd'hui pour cloper en entreprise, il faut s'enfermer dans une salle, « boîte » high-tech qui répond à des normes très strictes. La cabine doit être dépressurisée, l'air renouvelé. Un capteur de présence déclenche un extracteur qui aspire la fumée. Florence, responsable commerciale, a testé l'« engin » : « C'est vraiment efficace. La fumée ne stagne pas, du coup il n'y a plus l'odeur de tabac sur les vêtements. Par contre, il fait froid à l'intérieur et on a un peu l'impression d'être dans un bocal... » Trois sociétés proposent ces fumoirs. Elles font venir les cabines d'Allemagne, d'Italie ou de Suède. Leurs responsables assurent que les demandes affluent. Selon eux, plus de cinq cents fumoirs seraient déjà installés ou commandés. Peu par rapport aux 650 000 entreprises de trois salariés ou plus que compte la France. Le prix de la cabine, minimum 10 000 euros, décourage les patrons, qui n'ont d'autres choix que d'interdire la cigarette. Une difficulté dont s'émeut la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, qui « réclame la tolérance des pouvoirs publics », surtout dans l'application des amendes. Pourtant, l'interdiction de fumer dans les locaux à usage collectif, excepté dans des « zones fumeurs », date de la loi Evin votée en 1991 et appliquée depuis 1992.

L'alternative : aider ses employés à arrêter de fumer. Chaby Langlois, du cabinet No Smoking, propose depuis dix-sept ans des séminaires de sevrage tabagique. « Nous organisons des ateliers à raison d'une heure et demie par semaine pendant sept semaines. Le fumeur est parrainé par un collègue non-fumeur et il arrête le tabac au bout de la cinquième semaine. Mais le plus important, c'est le suivi, alors nous accompagnons les employés trois mois après leur arrêt. » Coût pour vingt-cinq salariés : 6 000 euros.

Olivier Marino