Un effet François Bayrou ?

Sondage LH2 pour 20minutes Le candidat centriste réunit 14% des sondés, les indécis...

Stéphane Colineau

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François Bayrou – Il est battu à Pau
François Bayrou a reconnu sa défaite.sa défaite à «300 voix près, soit 1% des suffrages». Plus de détails ici...
François Bayrou – Il est battu à Pau François Bayrou a reconnu sa défaite.sa défaite à «300 voix près, soit 1% des suffrages». Plus de détails ici... — Martin Bureau AFP/Archives

Jamais autant de Français n’avaient exprimé leur intention de donner leurs voix à François Bayrou au premier tour de l’élection présidentielle. Le président de l’UDF réunit désormais 14% des suffrages sur son nom, indique le sondage réalisé par LH2 pour 20 Minutes, RMC et BFM TV.

Cette performance confirme la percée du centriste, déjà placé devant Jean-Marie Le Pen par deux instituts de sondage (Ifop et BVA). Le président du FN a beau railler un «effet Chevènement», en référence à la gloire éphémère du président du MRC lors de la campagne présidentielle de 2002, François Bayrou s’est glissé à sa place dans le costume du troisième homme.

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«Depuis plusieurs jours je constate un tournant dans la campagne, a réagi lundi soir le président de l’UDF, contacté par 20 Minutes. Les électeurs cherchent un candidat qui leur permette d’échapper au choix obligatoire entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Beaucoup trouvent que ces candidats ne rassurent pas, pour différentes raisons.»

François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2, se refuse à parler de virage. Pour le reste son analyse est voisine. «Les coups bas portés dans cette campagne, avec les polémiques sur les RG ou sur les bourdes, sont préjudiciables à Sarkozy et Royal et bénéficient à François Bayrou». Car le patron de l’UDF «dispose à la fois d’une image consensuelle et d’une dimension protestataire, grâce à ses prises de positions contre les médias dominants et le duopole Sarkozy-Royal. Cela lui permet d’attirer une partie de l’électorat de Le Pen en 2002 et une autre de l‘électorat de gauche.»

A regarder le sondage de plus près, 48% des électeurs de Bayrou au premier tour reporteraient leurs voix sur Royal au second tour, contre 52%, seulement, sur Sarkozy. A croire que François Bayrou a réussi à effacer la proximité naturelle entre l’UDF et la droite modérée. Au passage François Bayrou a enfoncé le clou hier soir, en nous réaffirmant sa volonté de travailler «avec des gens compétents issus des grandes forces démocratiques du pays», de droite comme de gauche.

Reste que pour ce centriste révolutionnaire, qui aime à se présenter en défenseur du «tiers-état» face aux élites corrompues, la route vers l’Elysée n’est pas encore tracée. «Il s’apprête à dévoiler son programme, et en sortant de la protestation pour la proposition il va forcément décevoir des gens de droite et de gauche », prévient Miquet-Marty. » Le Béarnais assure ne pas courir ce danger. Ses préconisations pour le pays, promet-il seront toutes des « solutions sont de bon sens, en réalité approuvées très largement, qui rassemblent sans diviser.

Ségolène Royal
Autre grand enseignement du sondage, la bonne résistance de Ségolène Royal avec 31% d'intentions de vote contre 29% pour Nicoals Sarkozy. De plus, elle bénéficie notamment du très fort soutien des ouvriers (50% ont l’intention de voter pour elle, contre 16% pour Nicolas Sarkozy). Ces derniers restent imperméables aux polémiques, au moins pour l’instant.

Les indécis
Le nombre d’indécis, qui sera mesuré chaque semaine par LH2 pour 20 Minutes, est enfin à souligner. Seuls 39% des sondés ont fait un choix définitif pour le premier tour. Tout peut donc changer.