Bébés bulgares: lourdes peines requises contre les trafiquants

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Lourd réquisitoire dans le procès dit des bébés bulgares. Le procureur, Samuel Gillis, a requis lundi 4 à 6 mois de prison avec sursis contre les 41 acheteurs de bébés bulgares qui comparaissent depuis le 22 janvier devant le tribunal correctionnel de Bobigny, et jusqu'à 7 ans contre les intermédiaires présumés de ce trafic d'enfants.

Il a estimé que les parents acheteurs n'étaient «ni des sauveurs ni des bourreaux», mais des «personnes avec un désir d'enfant, qui comblent ce désir au mépris des lois et des règles morales». Ces parents «adoptifs» et deux personnes ayant acheté pour des proches, toutes issues de la communauté des gens du voyage, encourent jusqu'à 3 ans de prison pour l'infraction sur la filiation de l'enfant et 6 mois de prison pour «provocation à l'abandon d'enfant».

Le procureur a requis 6 à 7 ans de prison ferme contre cinq Bulgares «se détachant comme les organisateurs principaux» du trafic: Tinka Georgieva, 35 ans, son mari Gancho Georgiev, 36 ans, et trois Bulgares en fuite du clan Georgiev, Dimitar Georgiev, 39 ans, son épouse Georgieva, 40 ans, et Ginka Stoyanova, 35 ans. Accusés de «traite d'être humain», ils encourent 10 ans de prison pour avoir démarché en Bulgarie des femmes enceintes et les avoir convoyées en France pour qu'elles y accouchent et vendent leur bébé.

Il a également requis 3 à 5 ans de prison contre six autres intermédiaires présumés: trois Bulgares en fuite et deux intervenants «ponctuels» dans le trafic qui comparaissaient incarcérés, la prostituée bulgare et proxénète présumée Zapryanka Nikolova, 36 ans, et le Français Abdel Basset Galoul, 33 ans, ex-chef d'un campement de caravanes à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), où la famille Georgiev a résidé.

Concernant le sixième intermédiaire, Henri Salva, 73 ans, dit «Vocho», personnalité connue du monde gitan et de la communauté évangélique, absent pour raison médicale, Samuel Gillis a requis 4 ans de prison, «dont une partie avec sursis». Vocho a été le «pivot» et «le lien entre les familles de gens du voyage et les Bulgares» pendant «13 ans au moins», a estimé le procureur, souhaitant pour tous les Bulgares impliqués une interdiction définitive du territoire français.

Le procureur a dénoncé une «déshumanisation de la personne humaine» dans ce dossier, qui conduit à considérer un enfant comme un «bien de consommation». Il a évoqué le code noir sous Louis XIV, qualifiant ce trafic «d'esclavage». Le tribunal doit rendre son jugement vendredi. L'affaire porte sur 23 transactions menées entre 2001 et 2005 pour un montant moyen de 5.000 euro (jusqu'à 7.500 euros).


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